Les habitants de Cap Malheureux sont dépités. Trois mois après les sollicitations, ils ne comprennent pas le silence des autorités sur leurs interrogations relatives à la construction d’un bâtiment commercial en face du cimetière. Lassés d’attendre une réponse, ils envisagent de saisir la Cour de Justice pour forcer les autorités, dont différents ministères, à répondre à leurs questions. « C’est notre droit à l’information que nous revendiquons et aussi notre droit de protester contre ce que nous estimons être une plaie pour notre écosystème », disent-ils. Cette semaine, ils ont reçu, via un rapport d’un arpenteur privé sollicité, confirmation que la construction de ce bâtiment commercial se fait sur une « zone sensible ».
« Nous n’avons rien contre le promoteur, mais nous ne pouvons pas rester dans le flou », dit le travailleur social Georges Ah Yan, du Forum Citoyens Libres (FCL) qui s’est joint aux habitants de Cap Malheureux dans leur lutte. Il fait ressortir que les nombreuses correspondances envoyées aux différentes instances concernées pour éclairer les habitants de la région sur cette construction sont restées lettres mortes depuis février dernier. Seul le District Council a répondu à la sollicitation des habitants de Cap Maheureux, leur indiquant que le Conseil a effectivement octroyé à Kirav Co Ltd, détenteur du bail pour ce terrain, un Building & Land Permit en date du 15 avril 2011, avec l’aval du ministère des Terres et du Logement. D’ailleurs, le promoteur, Ravind Ram, sollicité par Week-End depuis le début de ces contestations, affirme détenir tous les permis nécessaires pour la construction de ce bâtiment commercial. Il soutient que cette construction se fait avec l’aval de toutes les autorités concernées. A ce stade, il ne souhaite faire aucun commentaire, laissant l’affaire aux mains de l’homme de loi qu’il a sollicité.
Or, pour les habitants de Cap Malheureux, le silence des différentes parties concernées par cette affaire – ministère des Terres et du Logement, celui de l’Environnement ainsi que département des Bois et Forêts –, maintes fois sollicitées pour apporter des éclaircissements sur cette construction, est douteux. « Pourquoi personne ne nous fournit les informations nécessaires? Nous ne pouvons contester un projet si nous ne savons pas de quoi il s’agit », relèvent les habitants de Cap Malheureux, soutenant n’avoir jamais eu connaissance d’une Notice of Application en marge de cette construction. « Si nous avions vu cette application, nous aurions pu, dès le départ, avant même qu’il n’y ait construction, protester contre. Mais nous n’avons jamais rien vu. Aujourd’hui, lorsque nous recherchons des informations, personne ne veut répondre. On nous prive de notre droit à l’accès à l’information », déplorent ces citoyens.