• Sheela habite en face de cimetière de Cap-Malheureux. Son bébé d’un mois dans les bras, elle vient tout juste de rentrer chez son père, où elle habite, car étant séparée de son époux. Comme elle, d’autres familles vivent dans l’obscurité depuis plus de vingt ans. « Plis ki 20 an ki wi fami san electrisite », dit Preety Jeetun, la soeur de Sheela, aux côtés de ses deux garçons, de 4 et 9 ans. « Nepli kone ki kantite fwa nou finn al biro Citizen Advice Bureau (CAB) pour zwin bann ansien minis ek bann depite aktuel. Zot dir pou fer tou demars pou nou gagn lalimier mai nou ankor dan mare nwar ! »

Et pourtant, selon elle, ce ne sont pas les pylônes électriques qui manquent dans l’endroit. « On en trouve tous les 100 mètres. Et en période hivernale, c’est l’obscurité totale. Nous sommes contraints d’aller nous coucher dès qu’il commence à faire nuit. Les enfants ne peuvent pas apprendre, même si la volonté est là. Comment voulez-vous qu’ils grandissent correctement dans un environnement pareil ? » lance Pretty, qui partage le même toit que ses sœurs et son frère.

Avec l’obscurité qui règne dans la cour le soir, Sweety Hossenbacus raconte que des malfaiteurs en profitent pour voler des animaux qu’ils élèvent dans leur arrière-cour. « Narien pa sape ar zot. » Sweety, Sheela et les autres membres de la famille lancent un appel aux autorités pour « ki nou zenfan pa grandi dan mare nwar ».