La construction d’un bâtiment en face du cimetière de Cap-Malheureux suscite de nombreuses interrogations chez les habitants de cette localité. D’autant que leurs nombreuses sollicitations auprès des organismes concernés, afin d’obtenir des explications, sont restées sans réponse. De plus, aucun panneau n’indique la nature des travaux entrepris. Le promoteur, Ravind Ram, soutient que l’infrastructure en chantier – un bâtiment commercial abritant des boutiques touristiques et un supermarché – se fait avec l’aval des autorités. Les Forces Vives de Cap-Malheureux ont pourtant tenu une conférence de presse vendredi, pour exprimer leurs inquiétudes, notamment la menace qui pèse sur des wetlands situées à proximité.
Soutenus par le travailleur social du Forum Citoyens Libres (FCL), Georges Ah Yan, ces habitants de Cap-Malheureux font ressortir qu’en dépit de ce que prône la loi, « depuis le début de ces travaux, qui s’effectuent même pendant la nuit, zamé finn ena enn explication lor ki pe fer la. » Ce sont des rumeurs qui leur laissent entendre qu’un bâtiment commercial y sera édifié. Pour ces citoyens, c’est le flou total et ils s’inquiètent des dommages qui seront causés à l’environnement, surtout aux wetlands.
Selon des personnes habitant cette localité depuis plus de 30 ans, cette zone constitue une réserve d’eau pendant la saison des fortes pluies. « En 1982, dilo ti arriv ziska grand simain », se souvient M. Roland, un des ainés de la région. D’où les affirmations des habitants, soutenant que le chantier en cours est situé sur une zone humide : « Si ce n’est pas sur les wetlands, c’est à côté, et le mal sera le même car un comblement équivaudrait à empêcher la circulation de l’eau. » Ils craignent également, hormis l’édification du bâtiment, la construction d’un parking à côté des mêmes wetlands. « Qui dit bâtiment commercial dit aménagement de parking. Kot pou mett parking ? À l’arrière ou à côté, cela constituera une menace pour cette zone humide », disent-ils.