La demande pour ce statu quo a été entendue en chambre par la juge Nirmala Devat mercredi dernier, et l’affaire a été renvoyée au 3 septembre. Avant de se prononcer, la juge souhaite entendre les autres parties concernées, notamment le promoteur Ravind Ram, directeur de Kirav Co Ltd. La date du 3 septembre est cependant considérée trop éloignée par les plaignants, et une lettre a ainsi été envoyée au chef Juge, Bernard Sik Yuen, par leur porte-parole, Georges Ah Yan, leader du Forum Citoyens Libres (FCL), afin d’avancer l’audience. Les habitants craignent en effet qu’entretemps, les travaux continuent d’avancer, rendant leur demande caduque.
Le Conseil de district de Pamplemousses/Rivière-du-Rempart, les ministères du Logement et des Terres, de l’Environnement et du Développement durable, des Administrations régionales, de l’Agro-industrie et de la Sécurité alimentaire, et le National Ramsar Committee ont été assignés comme co-défendeurs par les plaignants dans cette affaire. Ces derniers ont retenu les services de Mes Antoine Domingue (SC) et Theyvarajen Ponambalum (avoué).
Dans son affidavit, Gaëtan Arekion a indiqué que depuis le mois de février, les habitants de Cap-Malheureux s’élèvent contre la construction du complexe commercial, qui représente selon eux un danger pour les terrains marécageux se trouvant à proximité. Cela constitue également pour eux un risque de non-respect du caractère sacré du cimetière. A la suite de la décision de la juge Nirmala Devat de renvoyer l’affaire au 3 septembre, afin que cette dernière puisse prendre connaissance des arguments des différentes parties impliquées, les habitants de Cap-Malheureux ont, par le biais de leur porte-parole, fait parvenir une lettre au Chef juge afin que leur demande d’injonction soit prise en considération dans des délais plus courts. Ils craignent en effet que les travaux du bâtiment commercial n’avancent entre-temps, et qu’en dépit de l’émission d’éventuel ordre intérimaire pour stopper les travaux le 3 septembre, les dégâts qui auront été causés au préalable ne soient irréversibles.
Une copie de la demande envoyée au Chef juge a également été transmise à la Law Reform Commission, au Bar Council, au bureau de l’Attorney General, au DPP et à la Mauritius Law Society. Georges Ah Yan mentionne dans ce courrier les inquiétudes des habitants de Cap-Malheureux qui militent pour la sauvegarde de l’environnement. Il rappelle que, dans le cadre d’une campagne de sensibilisation effectuée par le ministère de l’Environnement et la National Development Unit (NDU) en 2010, la factsheet relative aux zones marécageuses indique qu’il faut, entre autres, « notify the ministry of Environment and National Park and Conservation Service (NPCS) in case of illegal backfilling of wetlands » ; « get invoved and find out where wetlands exist near your home, try to learn more about them, and support wetlands initiatives by public agencies and private organisations » ; « encourage neighbours and developers to protect the function and value of wetlands ». « Nous avons fait tout cela. Mais les autorités ne nous ont pas donné les moyens de nous exprimer, et ne nous ont pas fourni les informations que nous souhaitions avoir concernant ces terrains marécageux à Cap-Malheureux. C’est pourquoi notre ultime recours est une demande d’injonction en cour. Nous espérons que cette démarche pourra faire stopper des dégâts qui seront irréversibles », dit-il.