Les Forces Vives de Cap-Malheureux contestent le Building & Land Permit octroyé par le District Council de Pamplemousses/Rivière du Rempart, à Kirav Co. Ltd, en marge de la construction en cours d’un bâtiment commercial en face du cimetière en raison du danger que cela représente pour les wetlands aux alentours. Vendredi dernier, Joseph Roland Duval, Robert Maujean et Denis Maujean, ont déposé un document devant le Town and Country Planning Board pour faire appel contre la décision du District Council. En attendant le hearing de cette affaire, les habitants de la localité, soutenus par le travailleur social et porte-parole du Forum Citoyens Libres (FCL) Georges Ah Yan, animent une série de meetings pour sensibiliser l’opinion publique sur le danger que cette construction sur la biodiversité marine représente, selon eux.
La frustration des habitants de Cap-Malheureux face à l’indifférence des autorités à l’égard de leurs interrogations est grandissante. Si bien qu’ils ont décidé de faire appel devant le Town and Country Planning Board pour contester le permis octroyé par le District Council au promoteur de ce bâtiment commercial en face du cimetière, en raison du danger que cette construction représente pour les wetlands avoisinants. Les conclusions du rapport de Ravindranath Bhurthun, un arpenteur privé sollicité par le FCL, indiquant que cette construction se fait sur une « zone sensible », confirment d’ailleurs leur crainte quant à la menace de la biodiversité marine dans cette région. Les habitants de Cap-Malheureux, qui ont également reçu confirmation auprès du ministère de l’Environnement qu’aucun permis d’Environment Impact Assessment (EIA) n’a été octroyé en marge de cette construction, s’interrogent sur la décision du District Council d’accorder au promoteur son Land & Building Permit en avril 2011.
« Est-ce que toutes les procédures ont été suivies », se demandent ces citoyens qui attendent d’être entendus devant le Town and Country Planning Board pour exprimer leurs griefs. Ils comptent aussi entre autres, déplorer le silence d’autres départements concernés, dont le ministère des Terres et Logements et Bois et Forêts, maintes fois sollicité pour apporter des éclaircissements sur cette affaire. Une copie de leur lettre de protestation auprès du Town and Country Planning Board devrait parvenir au District Council, ainsi qu’au promoteur.
Affirmant qu’ils n’ont rien contre le promoteur, les habitants de Cap-Malheureux font ressortir qu’ils tiennent à coeur la protection de l’environnement. « Nous ne pouvons pas rester les bras croisés alors que la biodiversité est menacée ». En sus de leurs inquiétudes concernant les zones humides, ces habitants de Cap Malheureux, s’inquiètent de la désacralisation du cimetière. « Un cimetière et ses alentours, c’est un lieu sacré. Mais un commerce, avec le va-et-vient incessant, dérangerait la tranquillité de nos morts qui devraient reposer en paix », estiment ces citoyens. Ces derniers continuent ainsi la série de meetings entamée à travers l’île depuis mars dernier pour sensibiliser la population à cette cause.