Les directeurs et cofondateurs de Capital Horizons, Lobin Unmole et Shaan Kundomal, estiment que le gouvernement fait des efforts pour signer les traités de non double imposition et que ce serait la faute aux acteurs des services financiers s’ils ne prenaient pas avantage de nouvelles opportunités, comme à Chypre, par exemple. « Le secteur privé doit être dynamique », déclarent-ils au Mauricien dans un entretien. Ils assurent, par ailleurs, qu’il est difficile de commencer une opération de blanchiment d’argent à Maurice.
-Selon nos deux interlocuteurs, plusieurs aspects des traités de non double imposition signés entre Maurice et d’autres pays ne sont pas maîtrisés par les sociétés mauriciennes. Par exemple, les royalties offrent de nombreux avantages à travers certains montages qui ne sont pas exploités par les clients. « Certaines sociétés ne savent même pas que ces avantages existent », ajoutent-ils.
Lobin Unmole et Shaan Kundomal sont d’avis qu’il faut disséquer les traités de non double imposition. « Nous avons des professionnels ici qui peuvent maîtriser ces outils et vendre, ensuite, notre savoir-faire », font-ils ressortir.
Les directeurs de Capital Horizons estiment que Maurice a encore des efforts à faire en termes de marketing afin de mieux faire connaître son centre financier sur le plan international. « Il faut nous démarquer des autres centres afin de favoriser l’optimisation fiscale. L’heure est arrivée pour promouvoir sérieusement notre centre financier et ses liens entre l’Europe et l’Afrique et entre l’Asie et l’Afrique afin de concurrencer nos compétiteurs qui se trouvent aux Îles Vierges britanniques, à Gibraltar, à Singapour et ailleurs », disent-ils.
Il y a aussi à voir du côté d’autres centres financiers qui sont en détresse. « Chypre est une opportunité mais il est trop tard pour trouver des gros clients dans ce pays. Les Singapouriens y sont déjà passés. La moitié du gâteau est partie », ajoutent-ils.
MM. Unmole et Kundomal sont d’avis que les sociétés mauriciennes se doivent d’être agressives sur le marché et chercher les opportunités tout en restant très vigilantes par rapport à la qualité des clients. « Chaque société représente directement ou indirectement ce que Maurice représente comme juridiction en termes de sa réputation. Il est important pour nous de garantir et de préserver l’image de Maurice. »
S’agissant des allégations à l’effet que Maurice serait un paradis fiscal, M. Kundomal s’interroge : « Pourquoi une personne aura-t-elle besoin de l’offshore si son argent est propre à 100 % et qu’elle est intéressée à payer la taxe dans son pays et opérer légalement ? » Il répond, ensuite : « Cette industrie est basée sur un système où l’on peut payer le moins de taxe possible dans une juridiction. C’est parfaitement légale de par les traités de non double imposition qui ont été signés en toute connaissance de cause. Ces traités sont basés sur l’Article 27 de la Convention de Vienne sur le droit interne et le respect des traités entrée en vigueur le 27 janvier 1980. »
Parlant du traité de non double imposition avec l’Inde, il estime que même si ce pays n’est pas signataire de cette convention, il doit la respecter. « L’Inde ne peut imposer des changements à cette convention de manière unilatérale ni même la contourner en passant une loi dans son Parlement », fait-il ressortir. M. Kundomal poursuit : « Si Maurice n’avait pas un traité de non double imposition avantageux avec l’Inde, permettant aux investisseurs d’investir en Inde, jamais ce pays n’aurait obtenu autant d’investissements directs étrangers. En 10 ans, Maurice a contribué pour plus de 55 milliards de dollars en termes de FDI dans ce pays. »
Pour M. Kundomal, le centre financier mauricien inspire confiance en raison de la stabilité politique et une démocratie vivante, une population bilingue et même trilingue, un système bancaire local et international performant et robuste avec des systèmes de contrôle strict. Il rappelle que ce n’est pas Maurice qui a inventé l’optimisation fiscale étant un des derniers pays à entrer dans cette industrie financière. « Si l’argent sale réussit effectivement à entrer à Maurice, c’est probablement qu’il a été blanchi ailleurs. Donc, il devient de plus en plus difficile de retracer cet argent. Il faut promouvoir les échanges avec d’autres pays pour qu’ils s’assurent que l’argent qui entre dans leur pays suit le contrôle adéquat », poursuit-il, avant d’ajouter qu’on peut difficilement commencer une opération de blanchiment d’argent à Maurice.
Regroupant trois sociétés indépendantes et autonomes, Capital Horizons opère dans trois secteurs distincts : les services financiers à travers Capital Horizons, l’immobilier avec Capital Prudential et l’externalisation et l’informatique avec Capital Vision. Capital Horizons offre des services d’incorporation, de conseil et d’optimisation fiscale à travers la création d’entités offshore à Maurice, et au niveau international. Son équipe comprend des juristes, des financiers, des anciens banquiers. Le groupe privilégie des solutions sur mesure, basées sur sa maîtrise des traités de non double imposition et de ses connaissances en optimisation fiscale et légale.