Il est très probable qu’à l’avenir Maurice accueille un nombre accru de fonds spécialisés de capital-investissement tournés vers le continent africain. Tel est en tout cas l’avis de Yogesh Gokool, Senior Executive–Global Business de la banque AfrAsia, qui avait participé, avec le CEO de la banque, Sanjiv Bhasin, à la 13e conférence annuelle de l’African Private Equity and Venture Capital Association (AVCA). Maurice, estime Yogesh Gokool, est devenue « la plateforme financière privilégiée » pour la domiciliation des fonds de capital-investissement  (“private equity funds”). Selon lui, le nouveau code de bonne gouvernance des entreprises devrait rassurer davantage les investisseurs.
Maurice est de plus en plus ciblée par les gestionnaires de fonds spécialisés orientés vers le marché africain. Notre centre financier, indique Yogesh Gokool, permet aux investisseurs internationaux de minimiser les risques à l’investissement aussi bien que fiscaux et légaux en leur proposant une structure de gestion solide pour les fonds de capital-investissement couplé à un cadre réglementaire fort et des fournisseurs de services professionnels de qualité. Le centre financier mauricien, poursuit le Senior Executive–Global Business d’AfrAsia Bank, s’est fait petit à petit un nom en tant que juridiction de choix pour l’implantation de fonds. Plus d’un millier de fonds comptant des actifs sous gestion de plus de USD 80 milliards opèrent déjà dans notre centre financier et un grand nombre d’entre eux sont des institutions financières de développement et des fonds souverains.
« Mauritius is noted as the gold standard for fund management and administration », soutient Yogesh Gokool. Selon ce dernier, la plupart des fonds visant le marché africain qui ont été créés ont transité par Maurice. « We do not see this trend changing. We are likely to see more Africa funds being domiciled in Mauritius », ajoute-t-il. Considérant l’intérêt affiché pour la juridiction mauricienne, Yogesh Gokool préconise aux administrateurs de fonds basés à Maurice de développer l’infrastructure qu’ils ont mise  en place afin d’offrir des services plus pointus pour les véhicules d’investissement spécialisés, et ce depuis leur création jusqu’à leur retrait des sociétés dans lesquelles ils ont placé leurs capitaux. Les banques devront également emboîter le pas. « Mauritian banks should also need to develop their products offering and knowledge of Africa in order to cader for the needs and requirements of theses funds », souligne-t-il.  
Les opérateurs qui réussissent dans des levées de capitaux sont ceux qui placent la barre haute au niveau de la bonne gouvernance. « La bonne gouvernance est une condition préalable que recherchent les investisseurs institutionnels. Avec le nouveau code de bonne gouvernance de Maurice, nous nous attendons à ce que ces investisseurs se sentent réconfortés », poursuit Yogesh Gokool. Il ne serait pas étonnant, fait remarquer ce dernier, que des sociétés dans lesquelles les Private Equity Funds investissent « se tournent vers Maurice pour créer des filiales, voire enregistrer leurs sociétés holding ». Selon lui, ces sociétés vont « vouloir prendre avantage des dispositions attrayantes offertes par notre centre financier » mais aussi saisir l’opportunité de lever des capitaux à partir de Maurice, éliminer les risques de change et, éventuellement, demander à être cotées à la Bourse de Maurice.
Parlant des tendances récentes concernant les investissements faits par les fonds privés de capital-investissement pour l’Afrique, Yogesh Gokool observe que les données officielles montrent un intérêt soutenu des investisseurs pour le continent. Les données compilées par l’AVCA indiquent que 823 transactions, totalisant USD 21,6 milliards, ont été enregistrées sur la période 2010-2015. L’année écoulée a été « exceptionnelle », le montant des capitaux levés par de nouveaux fonds s’élevant à USD 5,8 milliards. Yogesh Gokool est d’avis que les activités de levée de capitaux par les fonds de capital-investissement tournés vers le marché africain vont s’intensifier davantage. Plusieurs secteurs porteurs, annonce-t-il, ont été identifiés, tels la consommation, l’énergie, l’infrastructure/immobilier, la santé, les services financiers et l’agro-industrie.
Le Senior Executive–Global Business d’AfrAsia Bank reconnaît cependant que les investissements en Afrique « comportent des risques et des défis » : le niveau relativement bas des prix des matières premières, les problèmes de corruption, l’instabilité politique dans certaines régions, l’absence de cadre régulatoire fiable, les restrictions imposées sur les opérations de capital-investissement… Autant de sujets qui, selon lui, « méritent une analyse en profondeur » des investisseurs.