À Maurice comme dans le reste du monde, le marché du café en capsules explose littéralement. Mais cette inévitable expansion génère aussi des montagnes de déchets. Le point sur les conséquences de ce nouvel “or noir”.
Chaque jour, il se vendrait plus de cinq millions de capsules individuelles de café rien qu’en France. Un marché en expansion qui, inévitablement, a gagné la planète entière, y compris Maurice, où les amateurs de café sont de plus en plus nombreux à adopter cette formule, laquelle rapporte une fortune colossale aux producteurs de capsules. Le café en dosette se paie en effet quatre à sept fois plus cher que le café classique. Mais cette nouvelle “richesse” profite-t-elle aussi aux producteurs de café, que ce soit en Afrique ou en Amérique latine ? Les milliards de capsules consommées sont-elles recyclées ? Les concurrents de la marque la plus productive en la matière proposent-ils des alternatives plus éthiques et écologiques ? Rien n’est moins sûr au “pays de l’or noir” encapsulé.
D’abord, parlons chiffres : les dosettes de café représentent un marché colossal. Si les données manquent au niveau international, on peut toutefois s’en faire une petite idée avec celles émanant de France, où le chiffre d’affaires dépasse les… 1,3 milliard d’euros. Une poule aux oeufs d’or dont ne profitent évidemment pas seulement George Clooney (6 millions d’euros pour chacune de ses apparitions publicitaires), qui représente la marque considérée comme leader du secteur.
Le problème, c’est que derrière les milliards de dosettes vendues, deux enjeux clés se dessinent : la répartition de la richesse créée et l’impact environnemental des capsules et de leur recyclage. Pour les petits producteurs, tout dépend des pratiques en vigueur. Il faut en effet savoir que le café est en effet la matière agricole la plus échangée dans le monde et la seconde matière première en valeur après le pétrole, preuve que ces deux “or noir” ont plus d’un point commun. À travers le monde, 20 millions de personnes vivraient d’ailleurs de cette production. Pourtant, “dans le café, les marges sont en général relativement faibles”, explique une agronome.
Conscient de ce problème d’image, le plus grand producteur de café en capsule a lancé l’an dernier un vaste projet visant à verser 15 millions d’euros sur six ans dans des programmes en Éthiopie, au Kenya et au Soudan du Sud, pays producteurs de leur matière première. Mais la réalité correspond-elle à cette communication soignée ? Car les responsables de cette entreprise ne mentionnent nulle part une labellisation “commerce équitable” de leurs produits, labellisation qui implique des salaires ou des prix d’achat minimum pour les producteurs. D’autres marques avancent un réel engagement auprès des cultivateurs.