Le vice-Premier ministre et ministre des Infrastructures publiques Anil Baichoo a déclaré qu’il est malheureux de constater que « nous ne connaissons pas la valeur de l’eau parce que nous en avons, mais ceux qui n’en ont pas la connaissent ». C’était hier après-midi à Bon-Accueil, lors du lancement d’un plan de financement pour le captage de l’eau des pluies par les planteurs et autres éleveurs.
« Nous laissons nos robinets ouverts lorsque nous en avons sans que cela nous préoccupe. Lorsque l’eau ne coule pas chez nous, nous avons d’énormes difficultés et nous passons des centaines de coups de téléphone en menaçant de descendre dans les rues », a déclaré le vice-Premier ministre, avant de rappeler ce que prédisent les observateurs : « Si un jour, il y a une troisième guerre mondiale, ce sera à cause du manque d’eau. »
Anil Baichoo a rappelé qu’il y avait de nombreux puits dans la région de Rivière-du-Rempart et de Roches-Noires d’où les gens puisaient de l’eau pour l’irrigation comme pour leur usage domestique. « On y puisait de l’eau jusqu’à 20 ans de cela. Malheureusement, et il est triste de le dire, certaines personnes ont connecté leurs toilettes à ces puits. Tou seki ou fer lor later ou pou bizin rekolte li enn zour », a-t-il dit. Selon lui, à cause de l’inconséquence de certaines personnes « nou pou bizin pey le po kase. Parski kan enn zour pa pou ena dilo, ou pa pou kapav servi dilo depi sa bann pwi-la. »
Le ministre a par ailleurs souligné qu’en Inde il est obligatoire pour ceux qui construisent de nouvelles maisons de se doter d’un système de collecte d’eau de pluie. « Cela n’est pas obligatoire à Maurice mais je pense que lorsque la Building Act sera amendée, nous devrions y inclure une clause similaire ».
Anil Baichoo a également parlé de la conséquence de l’abattage des arbres sur les pluies. En tant que ministre, il a plaidé coupable d’avoir abattu des arbres pour la construction des routes. Il a cependant rappelé que pour tout arbre abattu on devrait en planter dix. « Nous allons planter 4 000 arbres bientôt du Nord au Sud et environ 10 000 jusqu’à la fin de l’année pour remplacer les quelques centaines que nous avons abattus », a-t-il fait ressortir.
« Peut-on imaginer un agriculteur sans eau ? », s’est interrogé pour sa part le ministre de l’Agro-industrie Satish Faugoo. L’eau, a-t-il dit, est une ressource très importante, « elle est gratuite mais nous ne la captons pas. Il faudra le faire pour que nous ayons cette ressource à notre disposition lorsqu’il ne pleut pas ». Satish Faugoo a rappelé que le captage d’eau n’est pas une nouveauté mais existe depuis des siècles, avant d’appeler les agriculteurs à tirer avantage du plan de financement proposé par le gouvernement à des fins de captage d’eau.
S’agissant du réservoir de Mare-aux-Vacoas, le ministre a souligné qu’il n’a pas plu dans cette région pendant un bon bout de temps. Selon lui, c’est ce qui explique le manque d’eau dans ce réservoir. « On peut avancer dix raisons pour expliquer ce manque d’eau mais la vérité est qu’il n’y a pas eu assez de pluies. Face au changement climatique, nous devons être capables de nous adapter et de le convertir en une opportunité », a-t-il déclaré.
Sous le Rainwater Harvesting Scheme, les agriculteurs et autres éleveurs enregistrés auprès du Small Farmers Welfare Fund bénéficient d’un soutien financier d’un maximum de Rs 80 000 pour le captage de l’eau pluviale. Toute demande doit être adressée auprès de l’Agricultural Research and Extension Unit.