Il explique que croire c’est, « dépasser ce qui nous divise au sein de notre société » et « s’engager pour le bien commun ». « La violence couvre là où la méfiance s’installe ; les conflits surgissent lorsque l’intérêt d’un groupe prime sur l’intérêt de l’ensemble », avertit l’évêque de Port-Louis pour qui la paix est « menacée » lorsque ceux qui détiennent le pouvoir politique ou économique « poursuivent des objectifs contraires au bien commun ».
Mgr Piat souligne, d’abord, dans son mandement de carême 2012 comment l’Année de la Foi promulguée par le Pape Benoît XVI et devant s’étendre du 11 octobre 2012 au 24 novembre 2013 peut sembler décalée alors même qu’au plan mondial, le monde contemporain est ébranlé par différentes secousses — crise financière internationale ; crise écologique ; instabilité politique croissante dans plusieurs régions ; écart grandissant entre les riches et les pauvres.
La pertinence de l’observation d’une telle année placée sous le signe de la foi, poursuit-il, est tout aussi questionnable si l’on s’en tient à la situation présente sur le plan local avec les défis de taille à relever — crainte d’une montée du chômage découlant des répercussions de la crise financière internationale sur l’économie ; mise en pratique du rapport de la Commission Justice et Vérité appelant à réparer les torts causés par l’esclavage et l’engagisme dans les domaines de l’éducation, du logement, de l’emploi ; corruption qui s’installe et s’étend ; expansion du trafic de la drogue qui détruit beaucoup de familles et déstabilise la société.
Pour l’évêque catholique, toutefois, il n’y a pas lieu de s’étonner que le souverain pontife ait décidé de promulguer une telle Année de la Foi alors même que le monde vit des secousses et que le pays a des défis énormes à relever. Il cite, à cet effet, Saint Paul qui, dans sa Lettre aux Corintiens déclare que « ce qui est folie de Dieu est plus sage que les hommes et ce qui est faiblesse de Dieu est plus fort que les hommes » (1 Cor. 1, 25). « Folie de Dieu » qui, explique le chef de l’Eglise locale, s’est manifesté en Jésus « qui a voulu nous sauver tout simplement en nous aimant et en assumant l’extrême vulnérabilité de son amour gratuit jusqu’à donner sa vie ».
Et Maurice Piat de poursuivre en ces termes : « Le monde change quand le coeur de l’homme change. Or, le coeur de l’homme change quand il découvre qu’il est aimé gratuitement. » Il explique que tous ceux et toutes celles qui prennent le temps d’accueillir et d’écouter la Parole de Jésus change leur façon de vivre : « Ils deviennent des ferments de justice et de paix dans leur famille, leur milieu social, leur lieu de travail, leur pays. »
Evoquant les préjugés entretenus à l’encontre de ceux et celles qui se sont éloignés de l’Eglise, notamment les personnes séparées ou divorcées et les jeunes « plongés dans une culture permissive, numérique et virtuelle », Mgr Piat soutient, qu’en fait, de telles personnes sont à la recherche d’un sens à leur vie. « Ils éprouvent, dit-il, une vraie soif spirituelle qu’ils n’arrivent pas à étancher » ; déçus qu’ils sont par « un certain ronronnement dans la pratique ecclésiale ou par une façon superficielle de présenter la foi ».
Pour lui, cette indifférence à la foi que l’on retrouve chez des baptisés s’explique sûrement par le fait que ces adultes sont restés prisonniers de « perceptions très approximatives » sur la foi chrétienne « glanées au catéchisme de leur enfance ». « Non seulement, explique Mgr Piat, ces idées vagues sur Dieu ne répondaient pas à leurs questions d’adultes, mais souvent, aussi, elles déformaient le visage de Dieu et leur bloquaient ainsi l’accès à l’eau vive qui seule pouvait étancher leur soif ».