Le départ de la Caravane de l’Amitié le 15 juillet a permis à 15 jeunes, âgés de 11 à 18 ans et issus de régions défavorisées, de vivre durant six jours une expérience hors du commun. L’initiative revient au ministre de l’Intégration sociale, Alain Wong. Ces jeunes sont issus de familles inscrites au Social Register of Mauritius. Leurs parents perçoivent un faible revenu, n’arrivant pas à leur offrir des loisirs. La caravane a plu dans son ensemble et, sur une note de partage et de découverte, des liens de solidarité se sont tissés. Au final, tous se sont sentis « comme une seule famille ».
Le temps est clément ce jeudi matin à Anse-la-Raie, dans le nord de l’île. Une légère brise saline effleure le visage et revigore. Non loin de l’hôtel Sensimar, des plants de mangroves émergent d’une étendue d’eau. « La mangrove joue un rôle essentiel, aussi bien physique qu’écologique, dans la conservation des littoraux tropicaux », explique une guide de l’hôtel Sensimar à la jeune équipe de la Caravane de l’Amitié, composée de six filles et de neuf garçons. « La mangrove stabilise le trait de côte et sert de barrière contre l’érosion due à la houle, en diminuant l’énergie des vagues et en modifiant les hydrocirculations », ajoute la guide. Avides d’en savoir davantage, les jeunes la questionnent avant d’être sensibilisés au respect de l’environnement?; c’est l’heure du ramassage de bouteilles en plastique qui traînent dans le coin. Tous s’affairent et plus question de tergiverser.
Alain Wong, ministre de l’Intégration sociale, encourage ces jeunes et les aide dans leur tâche. Depuis le 15 juillet, ils ont procédé à une marche pour mieux connaître des régions de notre île, dont Tamarin, Pointe-Jérôme, Souillac et Belle-Mare. Les jeunes ont dormi dans un chassé, fait du catamaran, visité la vallée de Ferney et les gorges de la Rivière-Noire, etc. Une aubaine pour ces adolescents issus de familles inscrites au Social Register of Mauritius, organisme soutenant ceux qui touchent un bas salaire. À travers la Caravane de l’Amitié, le ministère de l’Intégration sociale vise à offrir des loisirs sains à un groupe de jeunes, et ce, durant leurs vacances scolaires.
« Au sein de la Caravane de l’Amitié, on apprend à rester dans le positif tout en gardant en ligne de mire la communication et l’éducation », affirme Océane Thiboudois, 16 ans, habitante de La Tour Koenig. « La communication englobe le savoir-vivre, il faut aussi être curieux, mais pas trop et surtout être à l’écoute de la nature. On a découvert les régions de Tamarin, Belle-Mare, Pointe-Jérôme, et chaque endroit est anecdotique », poursuit cette boule d’énergie, étudiante en Form 5 dans un collège d’État.
 
Subjugués par une visite à bord d’un avion
Dylan Samuel, 18 ans, contemple la nature et décrit avec moult détails les endroits qu’il a visités. « Mo’nn dekouver ki ena bann pie kouma ravenala ki kapav kontenir dilo. Apel sa l’arbre du voyageur. Ou pers li, dilo sorti depi so bann fey », indique-t-il. Pour l’heure, Dylan ne fréquente plus aucun collège et ne sait pas encore vers quel métier s’orienter. « Mo tia kontan viv dan lazeng. Pena polision dan lanatir. Kot mwa dan Cite Vallijee, tapaz loto enn ta », déplore-t-il.
Stéphanie Jean, elle, est toujours subjuguée par sa visite à bord d’un avion d’Air Mauritius. « J’ai vu les sièges sur lesquels les passagers s’assoient. J’aimerai bien avoir aussi cette chance de m’envoler vers des pays qui me sont inconnus », espère-t-elle. Comme portée par cet instant de rêve, Stéphanie se verrait bien dans la peau d’une hôtesse de l’air. Ses amis la ramènent toutefois à la réalité en lançant: « Rakonte Stéphanie !». Et la voilà qui conte sa visite à Rochester Falls avec encore des images plein les yeux. « Il y a des gens qui font le grand saut, pas moi. Je ne sors pas sans mes parents, mais ces sorties au sein de la Caravane de l’Amitié m’ont permis de découvrir un monde autre que ma famille », relate-t-elle.