Deux dossiers stratégiques, soit les prix à la pompe des produits pétroliers et la capacité des installations en place pour satisfaire la demande en énergie électrique, sont actuellement au centre des préoccupations des autorités. Avec la récente poussée du cours mondial du pétrole, la prochaine réunion du Price Petroleum Committee, qui devra être fixée au plus tard au vendredi 7, devra déterminer le quantum de cette révision des prix portant le litre de l’essence au-dessus de la barre des Rs 50. De son côté, le conseil d’administration du Central Electricity Board (CEB), qui se réunit cet après-midi, sera appelé à se pencher sur des « fall back positions » en cas de délais dans la réalisation du projet de centrale thermique de 100 MW et dans l’intention d’un Environment Impact Assessment (EIA) Licence en vue de l’installation de deux nouvelles unités de 15 MW chacune à la centrale thermique de St-Louis.
Dix-sept mois après avoir maintenu les prix pétroliers au même niveau, la State Trading Corporation (STC) a initié une démarche quasi exceptionnelle en mettant en garde contre un prochain rajustement à la hausse. En effet, depuis le début de la semaine, le site web de la STC publie une analyse du cours mondial du pétrole avec ses éventuelles répercussions sur les prix à la pompe à Maurice en avançant que « le cours du brut a grimpé de US $ 10 le baril depuis le 1er août, soit de 10 % en un mois. »
À la fin de la semaine dernière, le baril de pétrole était coté à US $ 117 sur le marché mondial pour se retrouver à US $ 112 à la clôture du marché hier. Cette dernière évolution à la baisse pourra atténuer dans une certaine mesure le quantum de hausse du litre de produits pétroliers sur les stations-service au cours de la semaine. Le niveau du Price Stabilisation Fund, institué avec la nouvelle formule de fixation de prix sous le contrôle du Petroleum Price Committee, et l’évolution du taux de change de la roupie par rapport au dollar américain sont également des facteurs entrant dans l’équation.
« Cela fait déjà dix-sept mois que les prix sont restés inchangés à Maurice quoiqu’ils aient largement fluctué en yo-yo, avec une tendance générale vers la hausse. Avec la tendance ascendante des cours sur le marché mondial, le Petroleum Pricing Committee devrait se réunir prochainement pour prendre la décision qui s’impose tout en tenant compte du niveau de fonds disponible dans le Price Stabilisation Account », soutient l’analyse de la STC sur son site web.
À ce stade, aucune des sources autorisées n’a voulu s’aventurer pour spéculer sur le pourcentage de l’augmentation des prix pétroliers la semaine prochaine. Mais avec une révision minimale de 5 % du prix prévue par les règlements, il faut s’attendre à voir le litre d’essence passer la barre psychologique des Rs 50 pour se retrouver à hauteur de Rs 51.75. Ce prix constituera un all-time high car la dernière fois que le litre d’essence était vendu à plus de Rs 50 remonte à mars 2011 quand il était à Rs 51.30. À cette même époque, le litre de mazout était à Rs 43.50 contre Rs 41.20 actuellement.
SWOT Analysis
Du côté du CEB, même si le prix de l’huile lourde représente un véritable casse-tête avec la génération d’une unité coûtant en moyenne Rs 5.30 contre une fourchette de Re 1.90 et Rs 2.20 le kwh à partir du charbon, la préoccupation du jour est plus à moyen terme au chapitre des installed capacities et de la security margin. Les recoupements d’informations effectués auprès des sources autorisées avancent que lors de sa réunion cet après-midi le conseil d’administration du CEB devra passer en revue les différentes possibilités en vue de satisfaire la demande en énergie électrique pour les années à venir.
Un des documents présenté aux membres du conseil de direction procède à une SWOT analysis des risques au cas où le projet de centrale thermique de CT Power à Albion et celui des deux nouvelles turbines de la centrale thermique de St-Louis devaient être retardés. La conclusion est que le CEB ne devra pas écarter l’option de faire installer une quatrième turbine à gaz à la station de Nicolay en vue de parer à toute éventualité à partir de 2014.
Le projet d’installation de nouvelles turbines d’une capacité globale de 30 MW fait actuellement face à des protestations de la part des habitants dans le voisinage de la centrale de St-Louis. La direction du CEB court le risque de constater des perturbations dans son plan avec des objections logées contre l’octroi d’un EIA Certificate à ce projet. Du côté de CT Power, très peu de détails ont transpiré quant au calendrier de réalisation de ce projet de centrale thermique au charbon de 100 MW.
Dans les milieux autorisés du CEB, l’on avance qu’il est important de se voir doter d’un plan B même si le niveau d’investissements et les coûts d’opération sont considérés comme extrêmement onéreux. Le coût de production d’une unité au gaz est estimé à Rs 13, avancent des sources bien informées. À la réunion du conseil d’administration du CEB du jour, les différentes options seront étudiées même si la décision formelle ne devra être entérinée qu’au moment approprié.