Le diocèse de Port-Louis démarre ce mois-ci une vaste consultation qui est au coeur de la lettre pastorale de Mgr Maurice Piat pour le carême 2014. « Je ne dis pas qu’après cette consultation on va résoudre tous les problèmes, loin de là, mais on veut voir ce qu’on peut faire de mieux avec les autres », a dit l’évêque de Port-Louis lors de la présentation de ce document intitulé « Avec Kleopas, partageons la joie de l’Évangile » mercredi dernier. Cette évaluation porte sur les secteurs où l’Église est à l’oeuvre, notamment l’éducation, la famille, le combat contre la pauvreté et d’autres fléaux mais elle a aussi une dimension catéchétique car l’Église sondera aussi les catholiques sur sa mission d’évangélisation. Environ 20 000 personnes, catholiques et non-catholiques, seront sollicitées pour donner leur opinion.
Alors que la période de jeûne pour les catholiques démarre le 5 mars, l’évêque de Port-Louis a présenté beaucoup plus tôt cette année sa traditionnelle lettre pastorale parce que la première étape de ce projet d’évaluation et de réflexion, a-t-il expliqué, démarre ce mois-ci. Depuis un an, le diocèse de Port-Louis prépare la mise en route de ce projet baptisé “Kleopas” et qui s’échelonnera sur trois ans. Pour le père Jean-Maurice Labour, vicaire général, cette initiative prise par l’Église de donner la parole à des milliers de catholiques pour dire ce qu’ils pensent de sa mission représente une « petite révolution ». « Ce que nous avons décidé de faire est une petite révolution dans le sens que l’Église prend une posture un peu différente. Elle vient demander aux catholiques et aux Mauriciens d’autres religions ce qu’ils pensent de son service. Je crois que c’est une attitude assez originale d’une Église qui veut se remettre en question », a déclaré le Père Labour lors de la conférence de presse à l’évêché mercredi dernier. Les responsables de l’Église sont-ils alors prêts à entendre la vérité ? « Nous sommes conscients de prendre des risques parce qu’il y a des critiques qui seront sans doute adressées à l’Église. C’est bon d’écouter la réalité parce que peut-être notre manière de faire ne répond pas aux attentes des gens. Et qu’il faut se remettre en question soi-même », répond Mgr Piat.
L’évêque de Port-Louis, qui est très impliqué dans l’organisation de cette consultation, constate que des Mauriciens « ont soif de vivre autre chose » dans leur vie familiale, à l’école et au plan social. Il sent qu’il y a un désir de « vivre plus fraternellement » avec un peu plus de justice et de solidarité et que cette aspiration, dit-il, interpelle l’Église. Celle-ci veut apporter une réponse à ces besoins en redéfinissant ses priorités à la lumière des messages de l’Évangile mais affirme qu’il y a d’abord nécessité d’évaluer les services qu’elle rend actuellement à la société mauricienne. Un volet de cette consultation portera spécifiquement sur l’éducation car c’est un domaine où l’Église a une contribution conséquente depuis un siècle. Et c’est précisément dans ce secteur que les Mauriciens d’autres confessions religieuses seront appelés à donner leur appréciation du service de l’Église. « Nos écoles sont les lieux où les personnes d’autres religions sont en contact avec les orientations de l’Église et tous les partenaires de l’éducation catholique auront leur mot à dire », dit le père Labour.