La collaboration entre le gouvernement et l’International Finance Corporation pour le choix d’un partenaire stratégique pour la Cargo Handling Corporation suscite une vague de contestation dans le milieu syndical, en particulier dans les rangs de l’état-major de la Port Louis Maritime Employees Association. Dans le camp des syndicats, l’on annonce qu’une forte mobilisation est prévue contre cette décision gouvernementale.
Le vice-Premier ministre et ministre des Finances Xavier-Luc Duval a présenté lors de son grand oral vendredi toute une panoplie de réformes dans divers organismes d’État et de corps parapublics, notamment dans le secteur portuaire. Le guichet du secteur privé de la Banque mondiale aide le gouvernement à choisir un partenaire stratégique pour la Cargo Handling Corporation (CHC), dont les opérations visent à transformer Maurice en un « hub » pour le transbordement.
Cette décision gouvernementale fait cependant l’objet de vives inquiétudes parmi la classe syndicale engagée dans le secteur portuaire. Ainsi le comité exécutif de la Port Louis Maritime Employees Association (PLMEA) s’est réuni en urgence mardi pour étudier de près ce dossier qui concerne 1 400 travailleurs du port et pour élaborer dans la foulée une stratégie de contre-attaque.
Alain Edouard, président du dernier syndicat en date dans le secteur portuaire, a expliqué au Mauricien à l’issue de ce comité que leur mouvement s’oppose à toute forme de privatisation de la CHC. Selon le président de la PLMEA, la venue d’un partenaire stratégique pourrait provoquer une vague de licenciements dans le port, faisant référence à la Employment Rights Act de 2009. La PLMEA avance que cette réforme entraînerait également une révision et une « dégradation » des conditions de travail des travailleurs du port.
« La CHC est une non-profit company et 60 % des revenus sont versés dans les salaires des travailleurs. Nous craignons qu’avec cette privatisation une bonne partie des revenus n’aille dans les poches des grands patrons », a fait comprendre Alain Edouard. Le président a souligné que, selon ses informations, ce sont les 40 % de part que détient la Mauritius Ports Authority qui seront entre les mains de ce partenaire stratégique. La SIC possédant 54 % et le gouvernement 6 % des parts de la CHC.
Dans une déclaration téléphonique au Mauricien, le négociateur de la PLMEA Ashok Subron explique sans détour que « le VPM et ministre des Finances Xavier-Luc Duval et le Premier ministre Navin Ramgoolam font fi de l’histoire du port. La CHC est l’aboutissement de nombreuses luttes pour exclure le secteur privé dans le port. Cette décision est synonyme d’un retour du secteur privé local et international dans le port. Ce n’est pas un partenaire stratégique mais plutôt la privatisation et la mainmise des capitalistes… »
Une stratégie a déjà été dégagée mardi après-midi en vue de mettre à exécution une forte opposition à la venue d’un éventuel partenaire stratégique au sein de la CHC. Une rencontre avec la presse a eu lieu à la mi-journée pour divulguer d’autres informations sur ce dossier. D’ici la semaine prochaine, l’état-major de la PLMEA entamera une série de réunions de mobilisation parmi les travailleurs du port pour expliquer les contraintes de cette « privatisation ». D’autres réunions seront prévues dans les régions où il y a une forte concentration des travailleurs du port.