Depuis la catastrophe du 30 mars dernier, beaucoup de familles sinistrées sont toujours traumatisées. CARITAS, avec l’aide de beaucoup de volontaires, leur est venu en aide. Depuis ils continuent à travailler ensemble pour l’avenir de ces personnes dans le besoin.
CARITAS avait rencontré, en urgence, dès le lendemain des inondations, les bénévoles qui voulaient aider. Canal Dayot a été au centre du drame mais après un premier constat, ils ont réalisé que d’autres endroits avaient été sévèrement touchés également. L’équipe de CARITAS a, à ce moment-là, divisé les volontaires pour qu’ils puissent couvrir toute la capitale. Au fur et à mesure, d’autres ONG, quelques fondations et des entreprises via leur CSR sont venues aider autant que possible. Les besoins de chaque famille ont été catégorisés parce qu’il y avait différents niveaux de sinistrés. Le groupe de CARITAS avait besoin d’assistance psychologique et d’avis professionnels. Patricia Adèle Félicité, secrétaire générale de CARITAS Maurice, s’est dite reconnaissante parce qu’ils ont pu avoir plus de 100 000 aides alimentaires et plus de vingt psychologues sur le terrain.
La deuxième phase de l’aide en urgence de CARITAS a consisté à donner du matériel scolaire, des vêtements et des cours d’urgence aux enfants qui ont tout perdu. Ils ont aussi commencé à réparer les maisons qui pouvaient être sauvées. Grâce aux dons reçus (Rs 2 M), les réparations des 25 maisons seront prêtes à la fin du mois.
Dans les analyses de CARITAS, avec l’aide d’Architectes Sans Frontières (ASF), il a été relevé que des endroits tels que Camp Firinga et Tranquebar sont souvent touchés par les inondations. « La troisième phase de notre projet sera sur le long terme. Nous pensons à l’avenir et au bien-être de ces personnes, surtout que plus d’une quarantaine de familles ont besoin d’un nouveau logement », explique Patricia Félicité. Vinesh Chintaram d’ASF a ajouté que la plupart des maisons visitées sont sans permis appropriés et ne sont pas réglementaires sur la distance à respecter avec les cours d’eau. L’érosion du sol n’a pas simplifié les choses car à cause de cela, le sol ne filtre plus l’eau. « Bann otorite local mank effectif, bizin renforsi sistem de control koumsa kapav evit gagn ankor problem dan lavenir », a-t-il fait comprendre. Les déchets à proximité des habitations sont un gros souci. L’ASF doit effectuer systématiquement diverses démarches pour pouvoir s’adonner aux travaux de reconstruction mais le problème vient aussi du fait que la plupart des habitants sont des locataires et qu’avant d’entamer quoi que ce soit, ils auront besoin de l’autorisation des propriétaires ; ce qui est une démarche assez complexe en elle-même.
CARITAS et l’ASF lancent un appel pour avoir le soutien de la municipalité de Port-Louis. Ils demandent aussi des donations et des fonds. Ils ont également besoin du soutien des compagnies de construction, mais surtout, de l’autorisation des propriétaires. Le plan de la phase trois sera un village de transit pour ceux qui ont besoin d’être relocalisés ; ce village sera géré par CARITAS. Mais ce plan ne sera pas limité qu’à Port-Louis, selon le représentant de l’ASF.
Nicolas Soopramanien, de la Société des Professionnels en Psychologie (SPP), est descendu faire un constat sur le terrain pour agir, accompagnée de la présidente de cette association. Ils ont été témoins d’une désorganisation totale et de la présence de profiteurs ; mais à part cela, ils ont été forcés d’agir dès les premières 48 heures. Beaucoup avaient peur, étaient perdus, en colère, vulnérables ; ils étaient traumatisés. Jusqu’aujourd’hui, 90 personnes ont reçu une aide psychologique. Ils sont intervenus là où CARITAS les a envoyés et ont aidé du mieux possible ces personnes qui ont vu la mort de près lors de cette inondation surprise. Nicolas Soopramanien indique que les services psychologiques, thérapeutiques et de counselling sont encore disponibles et que ces services sont aussi proposés aux journalistes et aux secouristes qui ont été témoins, d’une quelconque façon, du drame.