Cette semaine, nous programmons nos pas sur ceux de Nirveda Alleck, plasticienne mauricienne, le moteur infatigable de la manifestation Focus 11 Contemporary Art Africa, Art Basel. Avoir pu participer à un tel événement il y a plusieurs semaines grâce au financement de la Culture relève de l’impensable pour la plasticienne. « Basel was more than I expected. On some days I kept looking on my path in life so as to understand how I got there to Basel ! It was indeed a first participation as well! Where as people go to Venice to look at Art, Basel is where the market converges to. It is the place where art is sold, and the market is regenerated through buying… », déclare Nirveda. On l’aura compris, Bâle est un grand marché de l’art.
C’est aussi un pont où se mêlent différents mondes et des oeuvres présentées dans leur réalité la plus surprenante. Un ville ouvre des portes d’entrée pour le meilleur : « Focus 11 will enable me to establish contacts and take Mauritian Contemporary Art furthur into the larger world of art. The group of artists has been selected in light of their engagement with the chosen medium as well as aesthetic approach and innovation… », disait Nirveda avant son voyage à Bâle. Aujourd’hui, c’est son coup de coeur. C’est sans doute la manifestation pour laquelle elle a le plus de tendresse. Rendre compte de la réalité artistique mauricienne au sein d’une telle manifestation n’est pas une fin en soi. Tout au plus un exercice dans lequel Nirveda calque quelques-uns de ses fils conducteurs (Continuum Mali, Continuum Chagos, Conversations) et une vidéo de trois minutes présentée à Focus 11. Des travaux ambitieux dans lesquels il est possible d’y retrouver pêle-mêle l’esprit de la multiculturalité et du métissage des cultures. Comment une mégapole inspire les artistes, leur permet de se ressourcer dans la culture de l’autre? Les réponses sont parfois surprenantes. Nirveda Alleck dit qu’elle a rencontré de nombreux critiques d’art et de galeristes. Il y avait à Art basel des performances quotidiennes, des causeries, des interventions de même que des visites à d’autres expositions comme Scope, Volta 7, Art Unlimited et l’incontournable Art Basel. La jeune génération semble plutôt portée sur la mondialisation de la création contemporaine. Il y a de plus en plus l’exploitation de nouvelles technologies et même l’utilisation de hologrammes et de médias interactifs. Mais il y a de la place pour toutes les formes d’art (le pictural, l’abstrait, la vidéo, les grands travaux sur commande). Bâle est devenue le point de convergence de différentes expositions venues de nombreuses galeries du monde entier. Les visiteurs déambulent à travers la ville, elle-même pétrie d’histoire. On rencontre l’art à chaque coin de rue. Les vitrines des magasins sont magnifiquement décorées.
Focus 11 Contemporary Art Africa, Art Basel a créé l’événement dans le sens où l’Afrique se réinvente par elle-même. Elle offre des travaux axés sur cette mondialisation de la création contemporaine, en dehors des tendances sur le continent.