Dans un faubourg de la capitale, derrière de luxueux appartements et de belles demeures en béton, cinq familles ont trouvé refuge dans des “maisons”. Dans l’une d’elles, nous rencontrons Carole, 23 ans, et Jean-Paul, 26 ans. Timides au départ, ils finissent par nous confier leur chagrin et partager leurs inquiétudes. Plongés dans le noir et dans une extrême pauvreté, ces parents de deux enfants lancent un appel à l’aide…
“Ce soir encore, nos enfants se coucheront dans le noir. Pas de bougie, encore moins de lumière pour les éclairer. Ils s’endormiront les larmes aux yeux, en écoutant la télé des voisins. Notre petite fille, Ophelia, chuchotera : “Ma, kifer nou pena televizion ?”
Pour la énième fois, quoi lui répondre pour la réconforter ? Du haut de ses quatre ans, elle sait pourtant que nous n’avons pas d’électricité depuis quelques années. Mais ce n’est qu’une gosse. Idem pour Jordan, 5 ans : il nous demandera encore une fois de l’aider pour rédiger ses devoirs. Dans l’obscurité, nous devrons utiliser un portable en guise de torche pour l’éclairer. Enfin, si le portable a suffisamment de batterie… Ni lui ni sa soeur ne sont à blâmer pour cette situation. Le sommes-nous ? Peut-être…
Nous faisons tout pour décrocher un travail qui paye mieux. Rs 50 par jour en tant que bonne à tout faire chez une famille aisée et un salaire d’ouvrier débutant dans une usine, pas encore défini… Chaque jour, depuis neuf ans, nous nous demandons comment nous allons faire rouler notre bicoque.
Rs 1,500 la location pour un trois-pièces à moitié recouvert de vieilles feuilles de tôle, de deux murs de bois fin et de terre recouverte par des moquettes usées en guise de sol. Chaque jour de pluie est un calvaire. Lors des inondations en 2013, ce fut l’enfer.