Le village de Caroline, dans l’est de l’île, se remet difficilement d’un drame qui s’est déroulé en un clin d’oeil hier, avec le meurtre d’une mère de famille, Asmeen Daran, âgée de 58 ans. Le meurtrier présumé n’est autre que le fils de la victime, Sameer Daran, 42 ans, ne jouissant pas de toutes ses facultés et vivant séparé de son épouse et de son fils de 12 ans. La raison derrière cet acte meurtrier est une nouvelle cigarette que la victime aurait refusée à son fils, provoquant une sourde colère de ce dernier. Comble de cet instant de folie affectant la famille Daran est que cette agression s’est déroulée devant les yeux ébahis de Rizwana Daran, la bru, assistant impuissante à cette scène effroyable, vu qu’elle tenait entre ses bras son fils de trois ans, autrement capable.
Vers environ 7 h 30, hier, au Caroline Snack, géré par Asmeen Daran, se trouvaient son fils et sa bru Rizwana. Une scène habituelle du matin sauf qu’après avoir grillé une cigarette, Sameer, le fils, revient à la charge pour en réclamer une autre. Exaspérée par l’attitude de son fils, Asmeen Daran n’obtempère pas car elle sait qu’il n’a pas les moyens pour s’acquitter de ses dettes pour les cigarettes.
Dans un premier temps, Rizwana Daran quitte le snack pour se mettre en dehors des lieux, n’anticipant nullement une détérioration de cette conversation entre mère et fils. Reconstituant les faits du matin pour Le Mauricien, ce témoin ajoute qu’à un certain moment elle a entendu son beau-frère proférer des menaces à l’encontre d’Asmeen Daran, qui maintenait son refus.
« To pa fatig mwa, sinon mo pou trap twa, mo pou bate », aurait lancé le fils pour essayer d’arriver à ses fins. « Mo ti lor teras snack ek mo ti garson 3 ans dan lebra. Mo nek tann son enn kalot ek mo tann enn dimounn tonbe ». Se précipitant à l’intérieur, son fils handicapé dans ses bras, Rizwana est confrontée à une scène horrible : son beau-frère, colérique de nature, en train d’agresser physiquement sa mère. Ne pouvant pas les séparer en raison de son enfant, elle tente d’alerter le voisinage : « Pa bate, aret bate. »
Les cris de secours de la bru n’ont eu aucun effet sur Sameer Daran, qui a continué à donner des coups à sa mère et à cogner la tête de celle-ci contre lui. Puis la victime, saignant abondamment avec de graves blessures au visage, s’est écroulée dans une mare de sang, tandis que son agresseur se retournait pour évacuer les lieux du crime.
Rizwana Daran devait faire appel à un voisin pour le transfert de la victime à hôpital de Flacq. « Li ti pe segne bokou lors so figir », devait-elle ajouter. Une fois dans l’enceinte de l’hôpital de Flacq, soit un quart d’heure plus tard, la bru ne devait pas en croire ses oreilles. Asmeen Daran avait succombé à ses graves blessures en cours de route. « Enn infirmie dir moi li nepli pe respirer ek ki linn mor. Si ti koup mwa, pa ti pou ena disan », pleure Rizwana, se rappelant encore de cet instant qui bouleversera à jamais la vie de la famille.
Reprenant son témoignage cette fois sur un ton révolté, elle déclare que ce n’est pas la première fois que son beau-frère agresse sa belle-mère. « Cinq ans de cela, li ti bat li me nou pas ti fer case. Sann kout la, napa kapav less pase », dit-elle fermement.
Confirmant le décès d’Asmeen Daran, les médecins de service à l’hôpital de Flacq ont alerté la police. Sameer Daran n’a opposé aucune résistance au moment de son arrestation. « Li ti pe dibout normal koumadir nanyen pa finn arive », témoigne Rizwana encore sous l’effet du choc alors que des membres de la famille mettaient la dernière main aux préparatifs pour les funérailles de la victime.
Sameer Daran est passé aux aveux dès son arrestation par des limiers de la CID de l’Eastern Division. Il a comparu en Cour de District de Flacq sous une charge provisoire d’assassinat. Il a été reconduit en cellule policière en vue de sa prochaine comparution dans une semaine. Très probablement, au cours du week-end, il subira un examen médical et psychiatrique complet par des spécialistes du Brown-Séquard Hospital en vue de déterminer s’il peut répondre de ses actes devant une Cour de Justice.
L’autopsie pratiquée hier par le médecin légiste de la police a attribué le décès à une asphyxie avec son sang.
L’enquête policière se poursuit.