Cela faisait un moment qu’on n’avait pas entendu parler de Caroline Jodun. Elle est de retour sous les projecteurs cette année et compte bien le rester. Aux côtés de Jason Heerah et Laura Beg, l’interprète de Leker Soufer fait partie du jury de la deuxième saison de Vibe Moris, qui débarque ce vendredi soir sur le petit écran. L’occasion pour le public de découvrir cette femme de cœur qui se laisse avant tout guider par l’émotion. Trente minutes avant d’entrer en studio pour débuter l’enregistrement de son troisième album, elle a répondu à nos questions sur ses nouveaux projets, tout en faisant un rapide état des lieux de sa carrière.

Fin 2016, vous sortiez Nu Destine. Vous évoquiez alors les couleurs nuancées de sensibilité de ce nouvel album dans nos colonnes. Comment votre carrière a-t-elle évolué depuis ?
J’ai beaucoup tourné avec ce deuxième album, notamment sur des scènes locales, dans des soirées privées et des événements Corporate. Mon premier album, Leker Soufer, qui est sorti en 2013, m’a offert un public; Nu Destine a renforcé ma légitimité en tant qu’artiste. Plus de personnes croient en moi et me suivent aujourd’hui, sur les réseaux sociaux et dans la vie réelle.

Arrivez-vous à vivre de votre musique ?

Oui et non ! Mes deux précédents albums ont certes touché le public, mais il faut être réaliste : il y a beaucoup de talents et le niveau monte à chaque sortie d’album. Nous devons nous partager un petit marché, sans oublier le piratage des CD à Maurice. Aujourd’hui, en plus de faire de la musique, je donne aussi un coup de main à mon époux, qui vient de reprendre le Dock Lounge au Caudan.

Quels ont été les épisodes les plus gratifiants de votre métier d’artiste et qui ont contribué à asseoir votre renommée ?

Le public m’a découvert sur Femme Amoureuse, qui figurait sur une compilation. Une chanson qui a fait décoller ma carrière et qui est toujours aimée et demandée. Cela m’a encouragée à sortir mon premier opus en 2013. Un autre épisode inoubliable a été le premier Koze Fam en 2014. En tant que jeune artiste qui n’avait jamais fait de grosse scène comme tête d’affiche, être accueillie aussi positivement par le grand public m’a beaucoup touchée.

Avez-vous connu des moments plus durs que d’autres ?

Pour Leker Soufer, un opus qui a très bien marché, je n’ai pourtant vendu que 1,200 albums. Le piratage est un frein au travail d’artiste. Je sais aussi que lors de la sortie de mon troisième album, je risque d’avoir très mal. Tout cela est décourageant. Mais quand on est passionnée, c’est l’amour pour la musique qui permet de rester motivé pour essayer de garder le contact avec le public.

Au bout de vingt ans de carrière et six ans sous les projecteurs, vous vous lancez dans une nouvelle aventure comme jury dans la deuxième édition de Vibe Moris. Vous sentez-vous à l’aise dans cet exercice ?

Au début, j’avais refusé la proposition, car je n’aime pas juger et blesser les autres. Je ne me sentais pas à l’aise dans cet exercice. Mais j’aurais regretté si je n’avais pas participé à cette aventure. J’ai beaucoup appris et j’ai grandi avec cette émission. De nature timide et réservée, j’arrive aujourd’hui à mieux gérer mes émotions et à m’exprimer en public.

Vous êtes connue comme une artiste avec une sensibilité à fleur de peau. Dans votre rôle de jury, êtes-vous restée fidèle à vous-même en jugeant au ressenti et au feeling ou avez-vous privilégié la technique des candidats ?

Bien entendu, la technique, la présence scénique et la justesse comptent. Toutefois, comme je suis une personne très sensible, vous me verrez souvent émue aux larmes (rires). C’est l’émotion qui guide mes coups de cœur. Si une personne sait comment faire vivre sa chanson sans être juste à 100%, elle me touche.

Depuis que les membres de ce nouveau jury de Vibe Moris sont connus (Jason Heerah, Laura Beg et vous-même), ce trio semble faire l’unanimité, à en juger par les commentaires. Est-ce une pression supplémentaire pour être au niveau et répondre à l’attente du public ?

Je suis honorée et surprise par toutes les bonnes vibrations émanant du public. J’espère qu’il y aura toujours de bons feedbacks et que le travail sera apprécié. Mais c’est déjà un bon début.

Vous entrez en studio ce vendredi après presque trois ans. Avec quel sentiment abordez-vous ce troisième projet musical ?

Avec beaucoup de détermination. J’espère faire mieux que sur mes albums précédents, aller plus haut et revenir en force avec quelque chose de vraiment différent et solide. Sur ce nouvel opus, on me retrouvera davantage à travers mes mots. En effet, je compte aussi présenter des titres où je serai auteur et interprète. On me connaît plutôt dans le style séga love, mais je vais essayer de proposer quelque chose de différent. Mais je ne vous en dis pas plus. Rendez-vous au mois d’août !