Jadis riches et fertiles, les cressonnières qui font la fierté de Carreau Esnouf, petit village de planteurs perdu au milieu des champs, sont vouées à une morte lente mais certaine. C’est le constat que dresse Atmaram Balchand, président de la Watercress & Vegetable Planters Association.
Tantôt à sec et tantôt débordantes d’eau, les cressonnières subissent, depuis l’année dernière, une sècheresse des plus terrifiantes pour les quelque 37 planteurs de la région. Le cresson – brèdes à la saveur piquante et aux propriétés médicinales qui, autrefois, égayaient cette région dont l’intérêt patrimonial réside dans la trace de ce qu’était la vie il y a près d’un siècle au pays des cressonnières – n’est que désolation. Mais au-delà de la beauté que ces brèdes au fil des eaux procuraient jadis, des familles entières se retrouvent dans un gouffre. A commencer par Atmaram Balchand, qui se fait la voix de ses pairs endettés parfois comme lui.
Si le problème de déssèchement a toujours été un phénomène normal bercé par les caprices de la nature, il s’est accentué depuis l’année dernière. Depuis le 23 décembre dernier à ce jour, les cressonnières demeurent sèches. Des plaintes auprès de la Water Resources Unit (WRU), dit Atmaram Balchand, n’ont rien donné. « Nek inn tane dire pou fer monitoring mais ziska zordi, mo pane trouve narnien », dit-il. Ne s’expliquant pas ce déssèchement de janvier et de février, si ce n’est en raison d’un « excès de pompage » d’eau souterraine au quotidien pour l’irrigation d’une firme privée à proximité et d’autres usages de la Central Water Authority (CWA).
Si en 1982, dit-il, il n’y avait qu’une pompe qui puisait 3,000 m3 d’eau par jour, aujourd’hui ce sont 49,000 m3 d’eau qui sont extraits du sol à partir de plusieurs pompes. D’une part, par la CWA et, de l’autre, par la compagnie privée. « Eski kan pé pompe délo, sa na péna leffet lor surface ou pas? », s’interroge-t-il.
Le porte-parole affirme que le problème existe depuis plusieurs années mais qu’à la suite des élections générales, le problème s’est aggravé en laissant les planteurs de la région dans un désarroi. Ses nombreuses tentatives auprès des députés, dont certains ministres, n’ont rien donné. Depuis l’année dernière, dit-il, les cressionnières se sont désséchées trois fois. Une situation qu’il connaît pour la première fois dans toute sa carrière. D’ailleurs, l’investissement de plusieurs milliers de roupies est tombé à l’eau pour l’achat des graines de cresson.