La Koalition – Nou Lanprint Nou Drwa, engagée dans la contestation des empreintes digitales pour la carte d’identité nationale ou sur les lieux de travail, a franchi une nouvelle étape dans son combat. En effet ce matin les syndicats, le mouvement progressiste et social ainsi que des citoyens se sont réunis à Bell-Village pour une conférence-débat marquée par la présence spéciale de la Data Protection Commissioner, Drudeisha Madhub. Parlant de la carte d’identité nationale biométrique, la commissaire a insisté à plusieurs reprises, que ce soit lors de ses interventions ou en réponse à des questions des participants, qu’il faudra attendre les conclusions de la Cour suprême sur la constitutionnalité de celle-ci avant d’étudier les voies de recours disponibles.
La suite des événements autour de la mobilisation pour contester les données biométriques dépendra des délibérations de la Cour suprême suite aux trois plaintes logées au niveau de cette instance à cet effet. « Attendons de voir les conclusions de la Cour suprême. Nous n’avons aucun autre choix, nous devons attendre. Pena lot simin pou sorti ladan. Ensuite il faudra explorer les avenues… » a répondu Drudeisha Madhub aux questions des participants. Un peu plus tôt au cours de la conférence, elle devait longuement s’attarder sur les dispositions légales entourant la protection des données personnelles et les juridictions permettant à sa cellule, soit le Data Protection Office, de régler des litiges suite à des plaintes.
À un certain moment, Drudeisha Madhub a fait comprendre qu’« en tant que commissaire, j’ai la capacité d’intervenir dans toutes les circonstances. D’ailleurs, certaines personnes estiment que les pouvoirs qui me sont attribués sont trop grands et qu’il faudrait les réduire. C’est vrai : je peux enquêter dans toutes les circonstances ». À la mi-journée, cet atelier de travail se poursuivait. La Data Protection Commissioner Drudeisha Madhub répondait aux interpellations particulièrement au sujet de la nouvelle carte d’identité nationale biométrique, les empreintes digitales au travail et l’installation du système CCTV sur ces mêmes lieux. Pour le reste de la journée, les participants devraient poursuivre avec des intervenants provenant de la profession légale dont Me Neelkant Dulloo.
Ouvrant les débats ce matin, Serge Jauffret, de la General Workers Federation, a déploré avec force que « ena enn matrakaz pou obliz bann vie dimounn ek bann zeness donn zot lanprint pou carte identité. Kouma dir pe donne gato, tou dimounn pe galoupé pou al fer sa ! » Le syndicaliste a par ailleurs confirmé que le combat de La Koalition – Nou Lanprint Nou Drwa s’intensifie, avec entre autres l’envoi de lettres au PM et au leader de l’opposition pour abandonner ce projet. Dans les revendications, la plateforme souhaite, entre autres, qu’il n’y ait aucune poursuite pénale et criminelle à l’encontre des citoyens qui ne posséderaient pas de carte biométrique et qu’une commission des droits constitutionnels soit ouverte au public, qu’il soit décidé du type de carte d’identité qu’il faudrait à Maurice, sans qu’il n’y ait aucune entrave aux droits et aux libertés des citoyens. Cette conférence d’aujourd’hui devait également servir de plate-forme pour préparer une grève sur les sites de travail contre les empreintes digitales.