Lalit estime que, dans le contexte actuel, le système de la carte d’identité biométrique « est plus impopulaire que jamais » et que des questions se posent sur l’accord secret qui protège l’identité des entreprises ou des personnes ayant bénéficié des sous-contrats et des fonds publics. Il en fait état dans une correspondance adressée à quatre membres du gouvernement, à savoir les ministres Ivan Collendavelloo, Pravind Jugnauth et Roshi Bhadain, ainsi que le député Sanjeev Teeluckdharry.
Si, à l’époque déjà, des personnes avaient manifesté des inquiétudes par rapport à l’énorme coût (Rs 1,5 milliard) de la mise en place de ce système, aujourd’hui plus que jamais, le parti de gauche se demande pourquoi le gouvernement Ramgoolam avait signé un accord secret. « People were already anxious about the the huge cost of Rs 1,5 billion for the setting up the scheme and are now more than ever questioning why the Ramgoolam government signed a secret agreement that kept hidden the private companies and/or individuals that received MNIC sub-contracts and a share of the public funds allotted to building the MNIC system », écrit-il dans cette correspondance.
Lalit met en avant d’autres raisons qui rendent le système impopulaire et demande au gouvernement d’instituer deux mesures intérimaires (voir encadré) en attendant un amendement de la loi. De nombreuses personnes auraient été menacées d’être privées de pensions, de certificats de moralité, d’emplois dans la fonction publique, d’accès aux facilités de crédits, à un passeport ou à leur droit de vote s’ils n’avaient pas de carte d’identité biométrique. Des officiers du département concerné leur auraient intimé l’ordre de se soumettre à cette contrainte, faisant de la carte d’identité biométrique un document obligatoire pour toute démarche administrative. Même les compagnies privées réclamaient la carte d’identité biométrique au moment des transactions.
Lalit estime que les Mauriciens sont aujourd’hui plus conscients des risques de la collecte de données personnelles et des dangers pour la sécurité des données d’une population entière si elles sont mal utilisées par l’État, piratées, volées ou vendues. De plus, il indique qu’au début ceux réfractaires à cette carte risquaient une amende de Rs 10 000 et cinq années d’incarcération, rappelant également que le remplacement d’une carte perdue serait payant en cas de perte.
L’impopularité de ce système suit la tendance internationale contre les politiques de surveillance, souligne Lalit, qui fait également ressortir que les États reconnaissent de plus en plus que les systèmes biométriques représentent une menace à la liberté individuelle et une violation des droits humains. D’ailleurs, note-t-il, des projets similaires aux États-Unis sous l’administration Bush, en Australie, au Canada, en France et en Angleterre ont été abolis. En Inde, « the Supreme Court has twice issued Court Orders against making the Aadhar card compulsory for citizens to gain access to State services ».