L’étape de conversion et de distribution des nouvelles cartes d’identité électroniques se fera par tranche d’âge ascendant, c’est-à-dire des plus jeunes aux plus vieux. Celle-ci démarrera en octobre prochain. Tandis que la phase pilote sera enclenchée à la mi-septembre et concernera 15 000 personnes qui ont été identifiées afin d’utiliser la nouvelle carte. Les responsables du projet de Mauritius New Identity Scheme et de la Singapore Cooperation Enterprise organisaient une session informative pour les journalistes hier, en présence du ministre des Technologies de l’Information et de la Communication, Tassarajen Pillay Chedumbrum.
La phase pilote du projet de Mauritius New Identity Scheme débutera à la mi-septembre avec un groupe de 15 000 personnes sélectionnées en juillet dernier. Elles seront ainsi premières à utiliser la nouvelle carte d’identité à puce. Ensuite démarrera, l’étape de conversion ou d’enregistrement des citoyens mauriciens par tranche d’âge en vue d’obtenir leurs nouvelles cartes d’identité. Ces personnes pour les besoins de l’enregistrement auront ainsi à fournir une série de documents pour soutenir leurs informations : anciennes carte d’identité, certificat de naissance, acte de mariage, preuve d’adresse, entre autres. Ensuite on leur prélèvera leurs empreintes des dix doigts.
Les données suivantes seront en effet imprimées au recto de la nouvelle carte qui sera faite en polycarbonate : photo (en blanc et noir), le numéro d’identité, deux lignes respectivement pour le nom, prénom et nom de famille à la naissance, le genre, la date de naissance et la signature. Par ailleurs, dans le cas d’incapacité d’un citoyen à apposer sa signature, la mention « No Signature » sera inscrite sur la carte. Au verso, on y trouvera un code-barres, un numéro de contrôle de la carte, le numéro d’identité, la date d’émission. En cas d’espace insuffisant pour imprimer le nom sur deux lignes au recto, le nom sera imprimé au dos de la carte.
Par ailleurs, ces mêmes données, c’est-à-dire celles d’état civil telles que le numéro d’identité, le nom, le prénom, le nom de famille à la naissance, le sexe, la date de naissance ; adresse résidentielle, certificat numérique, photo seront encryptées dans la puce électronique de la carte, pouvant stocker 80 kilo octets, de même que les empreintes digitales de la personne qui seront encryptées — avec deux empreintes digitales du pouce et deux de l’index. Lors de l’enregistrement, le citoyen se fera prélevé les empreintes des dix doigts, mais seuls quatre seront utilisées sur la carte. Pourquoi ? « Les empreintes supplémentaires seront sauvegardés au Government Online Centre et serviront à identifier/authentifier une personne au cas ou ses doigts s’abîment par exemple avec l’âge », répond le Projet Director du MNIS. À la question s’il est obligatoire pour un citoyen de se faire prélever ses empreintes digitales, ce dernier répond par l’affirmative et soutient que c’est prévu dans la loi.
Ces données encryptées préviendraient toute utilisation ou altération frauduleuse de la carte, ont tenu à rassurer les différents responsables de ce projet. La carte sera personnalisée avec des données et graphismes gravés de façon indélébile au laser. Les données des citoyens seront ainsi sauvegardées au Government Online Centre (GOC), situé à Ébène. Rao Rama rassure que tout a été mis en place afin de protéger les données des individus contre d’éventuelles attaques de personnes mal intentionnées comme des hackers. « Seul le bureau de l’état civil aura accès à la base de données et aux informations personnelles sauvegardées sur la puce de la carte, pas même la Police », a précisé Rao Rama aux journalistes qui ont voulu savoir qui aura accès à ces informations.
Projet au coût d’environ Rs 1,1 md
Le projet de remplacement de l’actuel système de carte d’identité, qui date de 1986, a été modifié à plusieurs reprises. À un certain moment, on évoquait la possibilité d’y inclure le permis de conduire, mais le choix final a été fait et c’est en décembre 2012 que le projet du MNIS a débuté avec la nouvelle carte identité qui apportera un lot de changements dans la vie des citoyens. La nouvelle carte fournira davantage de sécurité pour l’identification et l’authenfication des citoyens, ce qui empêchera la modification ou l’utilisation de la carte par d’autres personnes en cas de vol. La nouvelle carte pourra être utilisée comme preuve d’identité et d’adresse dans les différents services publics et privés, tels que les banques ou les magasins et pour les personnes du troisième âge, comme pass pour les trajets en autobus. Les citoyens, grâce à la carte d’identité, pourront dans les kiosques aménagés dans les bureaux de poste recevoir sur place des copies de leurs certificats de naissance au lieu de se rendre à un bureau de l’état civil.
Le coût du projet, qui s’élève à environ Rs 1,1 milliard, coûte au gouvernement environ Rs 1 000 par citoyen. Cette somme implique tous les coûts des différents éléments du projet que comprend la nouvelle carte d’identité électronique, une Certification Authority (CA) qui permet une authentification sécurisée de l’identité du citoyen et la mise sur pied d’un nouveau Central Population Database (CPD), une nouvelle base de données plus précise et fiable. La précédente base de données avec les opérations faites manuellement ont résulté en une série d’inconvénients tels que la duplication, des erreurs humaines ou encore des incohérences entre les informations sur la carte et celles sauvegardées au Central Population Database.
Lecture de la carte pas systématique
L’émission de la nouvelle carte d’identité consistera en deux étapes, la première étant l’enregistrement dans des ID Conversion Centres qui seront mis sur pied dans douze localités, dont dix à Maurice et deux à Rodrigues, et la seconde la récupération des cartes qui devrait prendre deux semaines. Pour ceux qui ne pourront se déplacer comme certaines personnes handicapées ou autres, des unités mobile se rendront à leur domicile, dans les hôpitaux ou autres lieux et cette mesure concerne les personnes qui sont enregistrées auprès de la sécurité sociale, précise-t-on.
La première carte sera par ailleurs gratuite. Dans l’éventualité où le citoyen perd sa carte, ce dernier devra payer pour la carte de remplacement mais la somme n’a pas encore été fixée. « Nous sommes encore à travailler sur le coût de la carte pour le citoyen en prenant en considération le fait qu’il faut qu’elle soit abordable à tout le monde, surtout pour ceux qui n’ont pas les moyens », indique Rao Rama.
Un lecteur permettra également de lire les données de la carte qui sera de la taille d’une carte de crédit. Les agences gouvernementales où seront installées ces lecteurs sont les bureaux de l’état civil, de la sécurité sociale et ensuite dans les bureaux de postes qui accueilleront des kiosques. Précision est faite que la lecture des cartes d’identité électronique par le scanner ne sera pas systématique, mais seulement en cas de doute afin de vérifier si l’identité de la personne qui produit la carte électronique. D’autre part, dans le cas des banques, celles-ci n’auront pas accès à toutes les informations du citoyen contenues dans la carte mais seulement à certaines données telles que le nom, l’adresse. Les responsables du projet sont par ailleurs en pourparlers avec la Mauritius Bankers Association (MBA) pour finaliser ces aspects.
Dans un deuxième temps, la nouvelle carte servira à des besoins d’authentification pour les services en ligne du gouvernement mais cela sera possible quand l’exercice de mise à jour des données du bureau de l’état civil et des données relatives à la carte d’identité nationale sera complété. Cet exercice de nettoyage de données prendra fin après que tous les citoyens auront complété l’exercice de conversion, vérifié et corrigé leurs données personnelles, explique-t-on.
Rapellons qu’il s’agit d’un projet G2G (Government 2 Government) piloté par le Bureau du Premier ministre en collaboration avec le ministère des TIC et un consortium d’experts de Singapour composé de Singapore Cooperation Enterprise (SCE), une entité du gouvernement singapourien, de CrimsonLogic Pte Ltd et de NEC Asia Pacific Pte Ltd. La nouvelle carte d’identité électronique sera par ailleurs différente de celle utilisée au Singapour où l’appartenance ethnique du citoyen est affichée sur la carte de même que l’empreinte digitale. La carte ne contient pas non plus de puce électronique.