Le leader de l’Opposition Paul Bérenger est revenu, samedi, sur les dossiers la carte d’identité et l’Assets Recovery Act. Il a demandé au Premier ministre Navin Ramgoolam de corriger le tir concernant ces deux dossiers.
« J’espère que durant son séjour à Londres où il a passé plusieurs jours, le Premier ministre a eu l’occasion de rencontrer ses conseillers et en particulier Jeoffrey Cox pour les consulter sur la question de la carte d’identité et l’Assets recovery Unit qui a été attachée au bureau du DPP », a affirmé le leader des mauves.
Paul Bérenger a observé que le dossier de la carte d’identité est maintenant devant la Cour suprême. « Essentiellement nous pensons que c’est une atteinte à la vie privée et aux droits fondamentaux de tout le monde et nous nous inspirons de ce qui s’est produit en Grande Bretagne, en Allemagne et en France ». Il a observé que la Cour suprême tranchera, mais pour l’Opposition les choses sont claires notamment en ce qui concerne 1) les empreintes digitales, 2) la conservation des données dans un serveur central et 3) l’emprisonnement de ceux qui refusent de donner leurs empreintes digitales. « Nous avons suggéré que Ramgoolam corrige le tir surtout qu’il a dit qu’il comprend les inquiétudes de la population ». Le leader de l’Opposition a demandé au public de ne pas se presser en attendant que la Cour suprême se prononce sur la question. Il a reconnu qu’il est logique malheureusement que les jeunes qui n’ont pas de carte en retirent une mais il a toutefois déploré les menaces brandies par les autorités pour effrayer la population et la forcer à retirer leur carte d’identité.
Concernant l’Asset Recovery Unit, Paul Bérenger a soutenu à nouveau que ce n’est pas le rôle du DPP de mener les enquêtes sur les trafiquants de drogue, pour récupérer l’argent et décider de l’usage qui sera fait de l’argent recueilli. « Étant donné que la Constitution n’a pas été amendée afin de faire provision pour les nouvelles responsabilités du DPP, les nouvelles dispositions sont anticonstitutionnelles », dit-il.
Paul Bérenger a renouvelé sa demande de donner l’Assets Recovery à une agence indépendante avec les moyens nécessaires. Il a observé que Penny Hack, un avocat d’affaires, a objecté à ce que ces pouvoirs soient confiés au DPP et a estimé que l’enquête enclenchée par le DPP auprès des compagnies financières fait déjà beaucoup de tort aux entreprises mauriciennes engagées dans les services financiers. Il a fait mention d’une déclaration faite par le DPP le mois dernier concernant les provisions de la Dangerous Drugs Act au sujet des recouvrements des biens. « Je lui a dit qu’il avait tort et que cette clause de la loi s’applique uniquement aux personnes qui ont été condamnées », a-t-il ajouté en déplorant qu’il n’y ait pas eu de réaction de la part du DPP. Pour M. Bérenger, le silence du DPP peut donner lieu à des polémiques. Il a annoncé qu’il posera des Private Notice Questions sur cette question au parlement.
Revenant sur sa proposition d’introduire le droit de vote à 16 ans pour les jeunes, le leader de l’Opposition s’est réjoui que les réactions soient très positives. Il a observé que les jeunes sont contre toutes les démarches et déclarations susceptibles de créer de la haine raciale, communale ou castéiste ainsi que des antagonismes sur une base raciale, ce qui fait beaucoup de tort à l’unité et à l’harmonie nationales.
Paul Bérenger a proposé à ce propos un amendement à l’article 282 du code pénal, « qui est dépassé ». « Cet article condamne tout ce qui incite à la haine sur la base de la race, de la caste, de la couleurs et de la religion ». Cependant, à la lumière de la loi, il faut démontrer l’intention du coupable, dit-il. « Nous demandons au gouvernement de s’inspirer de ce qui s’est passé en Grande-Bretagne, en France, en Bolivie pour amender cette législation. Il y a beaucoup de législations qui méritent d’être revues au profit de l’unité nationale, la démocratie et le combat contre la corruption ».
Le leader de l’Opposition a félicité les athlètes qui ont brillé à la Coupe du Monde de kick-boxing. Il a observé que ces athlètes font beaucoup de sacrifices au bénéfice de Maurice. Or, à la fin de leur carrière sportive, certains tombent dans la misère et n’ont pas les moyens de permettre à leur famille de survivre. « Il faut un système de pension et des dispositions pour que les athlètes de haut niveau puissent continuer à vivre dignement après leur carrière d’athlète. Il faut aussi voir les assurances dont ils bénéficient dans le cadre de leur carrière », affirme Paul Bérenger.