La journée de mobilisation organisée mardi par la Plateforme No to Biometric Data on ID Card a été quelque peu chargée avec l’exercice de dépôt de plaintes — comme annoncée depuis samedi — contre la nouvelle carte identité biométrique à la National Human Rights Commission (NHRC), où 88 plaintes ont été comptabilisées au total. Par la suite, les membres de la plateforme et un groupe de citoyens et de sympathisants ont consigné jusqu’à 19 h une série de dépositions à la police pour déclarer « vivre dans la frayeur » que s’ils ne soumettaient pas leurs empreintes digitales, ils risqueraient d’aller en prison et d’avoir une amende à payer.
Depuis tôt le matin, les activistes et opposants à la nouvelle carte identité biométrique étaient rassemblés au Jardin de La Compagnie afin de rassembler le maximum de signataires à une plainte collective qui devait être soumise à la Commission nationale des Droits Humains et à la police. Vers 14 h, soit le point culminant de cette journée de mobilisation, un bon nombre de personnes étaient réunies pour écouter les messages des intervenants. Le groupe s’est ensuite rendu au bureau de la Commission situé au deuxième étage du Renganaden Seeneevassen Building en vue de compléter les formalités pour les dépôts de plaintes car la nouvelle carte d’identité biométrique, soutiennent-ils, enfreint une série de droits l’individu. Ils étaient nombreux dans le bureau de la Commission à suivre l’exercice de près.
Les particulars de la plainte concernent des entorses à la Constitution, aux droits fondamentaux et libertés de l’individu et des violations des différentes conventions des Droits de l’Homme dont Maurice est signataire. Selon les requérants, leurs droits à la dignité comme définis par la Human Rights Convention seront « trampled ». De plus, leurs droits au mouvement libre, « without being impeded in anyway whatsoever, will be curtailed ». Les plaignants soutiennent également que leurs « rights to privacy as personal information might fall under unwated hands or used without authorization or consent will be jeopardised », entre autres.
Après le dépôt des plaintes, les opposants se sont dirigés au poste de police de Pope Henessy situé dans le même bâtiment en vue d’y consigner une série de dépositions et d’y déclarer leurs craintes que s’ils ne soumettent pas leurs empreintes digitales, ils risqueraient d’aller en prison et d’avoir une amende à payer. Ils ont aussi fait part de leurs appréhensions de ne plus avoir accès aux services sociaux et bancaires s’ils n’avaient toujours pas en leur possession la nouvelle carte biométrique après le 31 octobre prochain et que les personnes du troisième âge bénéficiant du transport gratuit « ne pourront plus toucher leurs pensions » ou qu’elles ne pourront plus recevoir de soins médicaux. Ils ont également signifié leur peur de ne pouvoir voter ou se porter candidats aux élections s’ils n’ont pas la nouvelle carte biométrique.
Selon la plateforme, d’autres dépositions de ce type devraient se poursuivre dans les autres postes de police dans les jours à venir car elle continue à inciter les citoyens à reproduire ce geste.