La carte laminée est désormais chose du passé. Pour ne pas être hors du lot de ceux qui sont contre la nouvelle carte d’identité nationale, c’était la ruée vers le centre de conversion de Port-Louis et de Rose-Hill jusqu’à hier soir. Les officiers travaillent au-delà de 22h pour traiter chaque demande. On dénombre 995 919 cartes actives et 13,845 cartes non collectées à ce jour. L’accent sera maintenant mis sur l’utilisation de la carte pour les différents services du gouvernement. Il ressort que l’extension accordée au 30 avril par le ministère des TIC ne sera pas étendue à nouveau.
Au centre de conversion situé au bâtiment Emmanuel Anquetil à Port-Louis, les officiers de la Mauritius National Identity Card sont au four et au moulin depuis l’ouverture. “Nous traitons 50 cas par heure, soit 500 par jour “, dit un officier. Selon lui, la dernière semaine était fatidique avec le nombre croissant de personnes qui venaient pour l’obtention de leur nouvelle carte. Si les officiers pensaient avoir un moment de répit plutôt vers le soir, tel n’est pas le cas. À ce jour, 995,919 cartes d’identité sont déjà actives. Dans ce total, 13345 n’ont pas encore trouvé preneur.
Selon les chiffres disponibles, un total de 879 demandes ont été traitées vendredi dans les deux centres et 15 à Rodrigues. S’agissant uniquement de Port-Louis, sur 570 demandes, 484 anciennes cartes ont été reconverties. À samedi matin, le coin réservé à la prise de rendez-vous n’existait plus. “On ne prend plus de rendez-vous mais nous travaillons jusqu’à fort tard pour que chaque personne puisse avoir sa carte”, dit l’officier. Selon lui, quelques personnes ne prennent pas de rendez-vous et se présentent au centre sans les documents requis. “Certaines personnes ne viennent pas à l’heure qui a été donnée sur leur note de rendez-vous. Mais nous expliquons à ces gens comment nous opérons pour ne pas pénaliser ceux qui sont en règle”, précise-t-il.
À deux jours de l’échéance pour l’entrée en vigueur de la nouvelle carte biométrique, soit vendredi, les retardataires étaient nombreux à faire la queue au centre de conversion de Port-Louis. Bien que l’ambiance était calme, certaines personnes exprimaient quand même leur mécontentement pour donner leurs empreintes digitales et leurs données biométriques. “Je suis venu avec du retard car je ne voulais pas donner mes empreintes. Maintenant, je n’ai pas le choix”, a déclaré un membre du public venu avec tous ses documents. Comme lui, d’autres présents ont préféré donner ce qui leur est demandé pour ne pas se voir sans la carte, après la date butoir.
Selon les informations glanées, la majorité des personnalités politiques ont déjà fait l’acquisition de leur nouvelle carte biométrique. Selon l’officier du MNIC, l’accent sera désormais mis sur l’utilisation de la carte. Il fait ressortir que cette carte sera utilisée pour différents types de transactions et sera bénéfique car toutes les données y sont disponibles et ainsi du papier sera de moins en moins utilisé pour diverses démarches. On retient que les données biométriques ne seront pas stockées dans la base de données.
La carte biométrique, sujet d’inquiétudes
La plate-forme Say No To Biometric Data on ID Card résiste à la nouvelle carte identité. Selon Jeff Lingaya, membre, un appel est lancé à ceux qui sont contre la carte ce dimanche à 14h dans le jardin face au cinéma Majestic à Port-Louis. Le Dr Rajah Madhewoo, porte-parole du Regrupma Travayer Sosyal, a aussi exprimé ses inquiétudes et sa colère contre la carte lors d’une marche pacifique tenue vendredi dans la capitale. Il ne compte pas baisser les bras même s’il devra aller en prison pour sa résistance contre la carte. Il prévoit un rassemblement ce dimanche à Triolet pour dénoncer l’agissement du gouvernement sur la nouvelle carte d’identité nationale. Pour le travailleur social et leader du Forum des Citoyens Libres, Georges Ah Yan, il n’est pas question d’obtempérer à la demande du gouvernement. “Quelle est la raison de conserver nos données pendant une semaine?”, se demande-t-il ajoutant qu’il se pourrait que des “hackers” aient accès à ces données et en utilisent à leurs fins. Selon lui, la prise des données biométriques est anticonstitutionnelle car, pour lui, nous sommes dans un pays libre. Rezistans ek Alternativ, également de la partie, a aussi exprimé ses réserves sur la carte biométrique.