Le combat est loin d’être achevé pour le Collectif du 17 mars qui condamne le gouvernement pour la prise des données biométriques (empreintes digitales) dans la nouvelle carte d’identité nationale. « Nous étudions en ce moment les fingerprints et les minutiae », dit Jeff Lingaya, porte-parole du collectif, qui ajoute que des discussions seront tenues avec les hommes de loi pour discuter sur la marche à suivre. Selon lui, de nouveaux éléments ont surgi et pourront être admis en Cour pour contester l’obligation de donner ses données biométriques pour l’obtention de la carte. Toutefois, il souhaite un avis légal à ce sujet.
Jeff Lingaya déplore que plusieurs personnes sans la nouvelle carte d’identité se sentent pénalisées lors des démarches. Il fait ressortir que certains clients de banque ont été renvoyés chez eux car ils n’étaient pas en possession de la carte biométrique. De son côté, le porte-parole de Rezistans ek Alternativ, Ashok Subron, campe sur sa position. « Lalians Lepep n’a pas honoré son engagement électoral vis-à-vis de la population à travers le Finance Bill », dit-il. Il regrette que Pravind Jugnauth, lorsqu’il est devenu Premier ministre, n’ait pas continué son combat à éliminer les données biométriques sur la carte d’identité. Ashok Subron fustige le gouvernement sur les amendements apportés au Finance Act qui donne la possibilité aux entités privées d’installer des lecteurs de cartes et des cartes Secure Access Module (SAM) ou Module d’accès sécurisés pour l’identification. Or, pour le porte-parole de Rezistans ek Alternativ, il n’a jamais été question pour les citoyens de donner leur carte aux entreprises du privé pour la lecture de leurs données biométriques. « Nous ne savons pas de quelle manière ces données pourront être utilisées », dit-il, condamnant le gouvernement d’une grave rupture de contrat avec le population à travers cette action.
Par ailleurs, s’agissant de la pièce d’identité pour se présenter à la prochaine élection partielle ou les élections générales, Ashok Subron soutient que la commission électorale offre la possibilité au candidat de présenter une pièce d’identité autre que la carte d’identité biométrique.
Au niveau du gouvernement, les lecteurs de carte feront leur apparition une fois le service e-health lancé. Ces cartes seront également utilisées pour les autres e-services qui seront offerts par l’État.