Après deux jours de grève de la faim, Asha Rampadaruth a obtenu  un paiement ex gratia de Rs 2,4 millions « without admission of guilt » suite à son renvoi de la State Bank of Mauritius. Suite à cet accord signé ce midi entre les parties concernées, Jack Bizlall et Asha Rampadaruth ont mis fin à leur grève de la faim. Sollicités par la presse pour un commentaire, les représentants de la SBM n’ont pas souhaité faire de déclaration.
« Mme Rampadaruth a obtenu plus que ce qu’elle a demandé ! », a lancé le sourire aux lèvres, un Jack Bizlall visiblement épuisé par ces deux jours de grève de la faim, assis sur un lit installé sous le kiosque du Jardin de la Compagnie, Port-Louis. « Je veux dire par là qu’elle a eu la paix d’esprit, car elle n’aura pas à retourner dans cette banque où elle risque d’être marginalisée ! », a-t-il ajouté.
Depuis dimanche après-midi, Jack Bizlall et Asha Rampadaruth poursuivaient une grève de la faim sous le kiosque du Jardin de la Compagnie pour réclamer la réintégration de cette employée de la SBM qui estimait avoir été injustement licenciée.
Jack Bizlall commentait pour la presse l’accord qui venait d’être signé quelques minutes auparavant entre les représentants du Comité de soutien à Asha Rampadaruth et ceux de la State Bank of Mauritius, cela en présence du ministère Arvin Boolell qui a agi en médiateur dans cette affaire. Le comité de soutien à Asha Rampadaruth était composé de Me Dev Ramano, Jane Ragoo, Reeaz Chuttoo, Rashid Imrith, Venoo Ramasamy, entre autres. La SBM étaient représentée par son Chief Executive, Jairaj Sonoo et son conseiller légal, Me Sanjay Bhuckory.
Selon l’accord, Asha Rampadaruth renonce à toute autre forme de procès contre la banque, mais en retour, elle accepte cette compensation de Rs 2,4 millions « without admission of guilt ».
Jack Bizlall révèle qu’une seconde ronde de négociations va se poursuivre, mais il n’a pas voulu en révéler la teneur. Pour démontrer qu’il mettait un terme à la grève de la faim, il a pris un petit morceau de « gato moutay » et en a offert un bout à Asha Rampadaruth sous l’oeil amusé de ceux présents.
Jack Bizlall a dit avoir tiré trois leçons de cette grève de la faim. D’abord, sa satisfaction de revoir qu’on a rouvert le Jardin de la Compagnie à des manifestations. « Sous une administration municipale précédente, on avait interdit la tenue de manifestations dans ce jardin », a-t-il expliqué. Il a signifié son intention d’écrire à la municipalité de Port-Louis pour que le Monument des Droits Humains soit transféré de l’enceinte de la municipalité au Jardin de la Compagnie et que celui-ci soit désormais dédié à tous ceux qui ont une revendication à exprimer.
Puis, il y a eu l’unité syndicale qui s’est formée autour de la cause d’Asha Rampadaruth. « Mo souhaite ki ena mem unite le 2 fevrie dan nou manifestation kont lalwa travay ! ».
Jack Bizlall s’est ensuite indigné « qu’il y a des personnes dans ce pays qui s’enrichissent grâce à leurs relations, tandis qu’il y a d’autres, comme Asha Rampadaruth, qui font leur travail de façon exemplaire, mais qui se retrouvent dans des situations d’injustice ».
Rappelons que cette matinée d’aujourd’hui a vu, dans le bureau du ministre Arvin Boolell, des tractations intenses entre les deux parties qui ont abouti à la signature de cet accord vers midi.