Pendant près d’une heure hier matin à son bureau à Phoenix, le ministre de l’Éducation Vasant Bunwaree s’est évertué devant la presse à donner la réplique à ce qu’il qualifie de « nombreuses faussetés » par rapport à l’affaire du cas de pédophilie allégué au Mauritius Institute for Training and Development et impliquant un enseignant de cet organisme. Pour rappel, le leader du MSM Pravind Jugnauth a accusé les ministres Vasant Bunwaree et Sheila Bappoo dans une déposition au CCID jeudi dernier de “cover-up” dans cette affaire. Mais pour le ministre de l’Éducation, il ne s’agit ni plus ni moins qu’une « operasion zet labou » de l’opposition.
D’un bout à l’autre de ce point de presse, le ministre de l’Éducation a martelé qu’il est nécessaire de laisser le Fact Finding Committee (FFC) faire son travail en toute indépendance et dans la sérénité pour « faire la lumière et trouver la vérité » dans cette affaire. Vasant Bunwaree annonce que les procédures administratives pour la mise en place de cette instance ont été complétées et que celle-ci, qui sera présidée par une Senior Magistrate, ne tardera pas à commencer ses travaux.
« Dans trois mois, ce comité devra soumettre son rapport », a indiqué Vasant Bunwaree.
Cependant, dit le ministre, il s’est trouvé dans « l’obligation » de convoquer d’urgence la presse hier pour « mettre un frein aux dérapages » qu’il a notés ces derniers jours.
« Mo finn tann boukou foste. Komite-la pankor koumans so travay ki inn fini zet labou. Mo santi ki dimoun pe panse ki Bunwaree pa pe dir nanyen. Ena enn pake derapaz, li inportan ki mo met enn fren ek ki mo aport serten presizion. Enough is really enough », a déclaré le ministre aux journalistes hier matin. Dans la foulée, il a pris le soin d’ajouter « ki mo pa la pou kouver person ».
Vasant Bunwaree est aussi revenu hier matin sur la PNQ du leader de l’opposition Paul Bérenger le samedi 17 novembre dernier pour donner les raisons pour lesquelles il n’a pu, selon lui, fournir certaines réponses ce jour-là. Il souligne n’avoir eu que deux heures pour préparer le dossier avant d’arriver au Parlement. Et d’ajouter n’avoir pas eu tous les détails en raison du départ de l’ancien directeur du Mauritius Institute for Training and Development (MITD) autour de la même période.
« L’homme clé qui aurait dû participer à la préparation de cette réponse est M. Dubois. Li finn kit MITD ek nou pa finn kapav servi so lekleraz pou prepar repons PNQ. J’ai dû me fier aux informations disponibles », a expliqué Vasant Bunwaree. C’est ainsi, dit-il, qu’il n’était nullement au courant de l’existence d’un document produit par le leader de l’opposition ce jour-là et sur lequel celui-ci s’est basé pour poser certaines questions. Le document auquel a fait référence hier le ministre de l’Éducation concerne le procès-verbal d’une réunion qui a eu lieu dans le bureau du MITD concernant ce problème de pédophilie alléguée.
« Je ne connaissais pas du tout le contenu du document que le leader de l’opposition a déposé ce jour-là. D’ailleurs, c’est au Parlement, le même jour, que j’ai appris la tenue de cette réunion. Certains ont peut-être cru que le leader de l’opposition m’a mis dans une situation difficile au Parlement, mais je n’avais pas tous les éléments en main », a déclaré le ministre ajoutant que ce n’est qu’après la PNQ qu’il s’est enquis à ce sujet auprès des responsables du MITD.
Vasant Bunwaree a révélé hier que le document en question « était farouchement gardé par une personne » au MITD et qu’en outre, aucun des responsables de cet organisme qui traitaient ce dossier n’en était au courant. Le ministre a aussi rappelé les opinions divergentes s’agissant du contenu de deux rapports soumis par deux différents psychologues dans cette affaire, soit l’un au service du MITD et l’autre au service de la Child Development Unit du ministère du Développement de l’enfant.
« À la suite de la PNQ, nous avons découvert qu’il y avait deux versions différentes des deux psychologues », a souligné Vasant Bunwaree. Selon lui, l’adolescente concernée dans cette affaire « aurait toujours nié » une quelconque participation et aurait laissé entendre lors d’une réunion avec le management qu’elle aurait été manipulée. « Zanfan-la finn dir ki li finn pouse par kiken. FFC pou bizin rant ladan », pense-t-il.
Le ministre a montré par moments quelques signes d’irritation au cours de ce point de presse hier. « Mo pena leson pou pran avek Paul Bérenger », a-t-il lancé et de faire allusion à l’affaire Sheik Hossen. À la fin de la rencontre, il avait le ton très menaçant à l’égard de l’opposition, surtout envers le leader du MSM : « Pa badinn avek dife ala konsey ki mo kapav done. Mo pe dir Pravind Jugnauth ena enn ta zafer pe vini. Si li pe rode, li pou gagne… »