Paul Bérenger, leader de l’Opposition et du MMM, se dit « très heureux » du dénouement positif dans l’affaire Rehana Ameer. Il félicite, à ce propos, le Premier ministre, Navin Ramgoolam, à qui, confie-t-il, il avait fait une proposition « qui semble avoir débloqué la situation. » M. Bérenger se dit, d’autre part, « très inquiet » de la situation à la prison des femmes et dit compter sur le PM pour « agir vite avant qu’il n’y ait un drame. »
« Aucun rapprochement entre le MMM et le PTr », assure Paul Bérenger. Précision qui intervient après sa participation, cette semaine, en compagnie du PM et leader du PTr, au lancement de l’autobiographie de Jayen Cuttaree. Pour lui, l’évènement fut « un moment spécial; un double moment fort. » Il explique que la coïncidence veut qu’après le lancement de cette autobiographie, il participera à la cérémonie de lancement demain, lundi, d’un livre sur Guy Rozemont et au lancement, dans les jours à venir, d’une publication sur le pandit Ramnarain. Ainsi donc, si, selon lui, il n’y a, malgré tout, « aucun rapprochement » entre le MMM et le PTr, par contre, affirme-t-il, le remake MSM/MMM de 2000 est « toujours en considération. »
Cela dit, le leader de l’Opposition félicite le PM à qui, dit-il, il avait fait une proposition dans l’affaire Rehana Ameer. Proposition qui, déclare M. Bérenger, « semble avoir débloqué la situation. » Interrogé quant à la nature de cette proposition, il n’en dira pas plus. Paul Bérenger se dit, en tout cas, « très heureux »  du dénouement de cette affaire.  Il salue au passage le « courage » de Rehana Ameer ainsi que des syndicalistes Jack Bizlall, Jane Ragoo et autres qui lui étaient solidaires.
Au sujet du Constitution (Amendement) Bill voté cette semaine à l’Assemblée nationale, Paul Bérenger trouve « regrettable » que Navin Ramgoolam ait, dit-il, « laissé passé une occasion en or » de permettre aussi une discrimination positive en faveur des femmes candidates à l’occasion des législatives comme cela va être le cas pour les Administrations régionales. Pour lui, l’argument avancé par le  PM à l’effet qu’il fallait attendre le rapport du professeur Carcassonne et de ses assesseurs sur la réforme électorale ne tient pas. « L’un n’exclut pas l’autre », déclare-t-il.
Il déplore, par ailleurs, le fait que, contrairement à ce qu’avait laissé entendre le ministre des Administrations régionales, Hervé Aimée, les correspondances échangées entre le ministère et le Bureau du Commissaire électoral à propos de la délimitation des arrondissements municipaux n’ont pas été déposées, à ce stade, à l’Assemblée nationale. Alors qu’il dit « ne pas faire confiance » au ministre Aimée, M. Bérenger réitère que les arrondissements municipaux en marge des prochaines municipales ont été délimitées « en catimini. » Sur le même sujet, le leader de l’Opposition dit tenir en compte la déclaration du chef du gouvernement suggérant à l’Opposition, une fois la nouvelle loi sur les Administrations régionales proclamée, de se tourner vers le président de la République qui, selon la Section 9 de la loi, a la possibilité de redélimiter les arrondissements.
Mais, explique-til, ce recours comporte un risque: que le gouvernement peut en user comme « prétexte » en vue de retarder, au maximum, la tenue des élections municipales. Toujours est-il que, pour le leader de l’Opposition, une situation nouvelle s’est créée avec la proposition du chef du gouvernement. M. Bérenger fait remarquer que si sous la loi révoquée de 2003, le président avait déjà ce pouvoir d' »alter » les arrondissements après consultations avec l’Electoral Boundaries Commission, dans la nouvelle loi des Administrations régionales, c’est en consultation avec la Commission électorale que le chef de l’Etat doit entreprendre un tel exercice. « A aucun moment, déclare le leader de l’Opposition, ni le PM ni le ministre Aimée n’ont expliqué le pourquoi d’un tel changement. »
« Partielles municipales abolies »
Paul Bérenger annonce que maintenant que la loi de 2003 a été révoquée, toute la question de la nouvelle législation sera discutée au Bureau Politique du MMM avant qu’une décision ne soit prise. Il répète que de façon générale, pour son parti, la nouvelle loi représente « un grave recul en termes de démocratie et d’autonomie régionale » par rapport à la loi de 2003. « Au pouvoir, dit-il, le MMM prend l’engagement de revoir cette loi en profondeur. » Selon le leader de l’Opposition, ni le PM ni bon nombre de ses ministres n’auraient pris la peine de bien étudier la loi Aimée.
Alors que les conseillers du MMM et du MSM ont pris la décision de démissionner, la nouvelle loi a aboli l’organisation des partielles. Selon la nouvelle législation, en effet, les places vacantes aux Conseils municipaux sont remplacées à partir d’une « reserve list » que chaque parti qui présente des candidats aux élections doit, préalablement, fournir. Mais, selon Paul Bérenger, la nouvelle loi ne prévoit rien pour la période de transition. Puisque, selon lui, avec la démission des conseillers du MMM et du MSM, un problème de manque de quorum pourrait se poser, le leader du MMM explique que l’Opposition veillera qu’il n’ y ait pas d’abus pour leur remplacement.
Par ailleurs, en dépit, dit-il, du « bon travail » abattu par le nouveau commissaire des prisons, M. Jean Bruneau, M. Bérenger se dit « très inquiet » de la situation à la prison des femmes. Il dit détenir des informations à l’effet qu’il y aurait eu, ces derniers temps, 8 agressions de gardiennes dont la dernière, le 5 décembre, a frôlé la mutinerie. « Il faut, déclare le leader de l’Opposition, faire la lumière sur les raisons de cette situation et aussi ne pas faire le black-out sur l’état de santé de la gardienne agressée. »
Selon les informations qu’il dit détenir, sur les quelque 150 prisonnières de la prison des femmes, une cinquantaine seraient des étrangères, Malgaches et Sud-Africaines essentiellement. Il parle de manque d’effectifs, de mélange de prévenues on remand avec d’autres prisonnières, de l’absence de caméras de surveillance et du fait que la communication par portables n’est pas brouillée.
Devant tout cela, Paul Bérenger – qui rappelle qu’il y a des interpellations au sujet de la situation à la prison des femmes inscrites pour mardi au nom des députés MMM Lisie Ribot et Joe Lesjongard – dit « compter » sur le PM en vue « d’éclaircir les choses » et « d’agir vite avant qu’il n’y ait un drame. »
Interrogé après la réponse fournie par le PM au sujet d’une demande de pardon de l’Etat dans le sillage de la publication du rapport de la Commission Justice et Vérité, Paul Bérenger trouve la réaction de Navin Ramgoolam « assez enfantine. » Il ragrette qu’au lieu de la mise sur pied d’une task force représentative comme recommandée par la Commission pour se pencher sur la mise en application des recommandations, c’est un comité inter-ministériel qui a été nommé, vendredi, par le Conseil des ministres pour étudier les recommandations de la Commission.