En vue de protéger leurs fonds de pension, les membres de la Casino Employees Union ont décidé de faire appel aux services d’un actuaire pour mieux préparer leurs revendications auprès de la direction. Telle est en tout cas la principale recommandation arrêtée hier à l’issue d’un séminaire d’un jour à l’Unity House, Beau-Bassin, pour discuter de leur avenir.
« Nous nous sommes battus pour avoir un autre fonds de pension. L’objectif maintenant est de les protéger. J’ai proposé le recrutement d’un actuaire et d’un comptable pour nous aider à sortir de la pression exercée par l’État. Nous ne sommes pas en mesure d’agir sans réfléchir et mettre ainsi en péril ce fonds de pension », a commenté, au Mauricien, le conseiller technique de la Casino Employees Union (CEU), Jack Bizlall, à l’issue de ce séminaire d’un jour.
La proposition de recruter un actuaire et un comptable a été adoptée à l’unanimité par ceux présents à l’atelier hier. Louer les machines et la main-d’oeuvre des casinos aux hôtels qui veulent aménager des salles de jeux sont deux autres recommandations ayant également été approuvées hier. Ces mesures devraient permettre d’exonérer les casinos du paiement de la taxe pendant sept ans (“Tax Holiday”).
« Il est évident que les négociations pour le renouvellement de notre accord collectif avec la direction des casinos se feront sur les finances de l’entreprise. Ces recommandations visent donc à permettre aux casinos de devenir rentables », a ajouté Jack Bizlall. Le conseiller technique de la CEU a aussi relevé la nécessité de « gagner la bataille de l’emploi ».
« Jusqu’ici, aucun employé n’a été licencié pour cause de fermeture ni pour raison économique. Un bon nombre d’entre eux sont partis en retraite anticipée et d’autres ont été transférés au Casino de Trou-aux-Biches avec leur consentement », indique-t-il. Et de prévenir : « La liste établie pour la réduction du personnel, et qui avait circulé, a été mise de côté. Il faut réclamer un comité technique sur l’emploi car la politique de séparation des casinos et les Retirement Schemes mal conçus vont, entre autres, contribuer à mettre en danger l’emploi dans les casinos. »
Ivor Tan Yan, négociateur de la CEU, s’est félicité des avancées obtenues ces 40 dernières années grâce à la lutte syndicale, comme la préservation de l’emploi, les fonds de pension et l’amélioration des conditions d’emploi. « Il ne nous faut toutefois pas baisser la garde, car il y a toujours de grands défis à relever », a-t-il lancé. Ces défis concernent notamment la révision des salaires, en cours de négociations, les menaces sur les droits acquis et l’accord collectif, les atteintes sur les plans de pensions et le spectre de licenciements économiques. Après cette énumération, le président de la CEU, Davis Budlorun, a rappelé que les grands axes du plan d’action du syndicat ont toujours été de lutter en faveur de l’emploi et de meilleures conditions de travail ainsi que pour sauvegarder les droits acquis au fil des ans.