Un peu plus 500 employés des casinos de Maurice, réunis en assemblée générale annuelle de la Casinos Employees Union hier à la Salle des Fêtes de la municipalité de Curepipe, ont voté, entre autres, pour une grève de l’uniforme et pour une « manifestation continue ». Ils ont également exigé la démission du directeur général des Casinos, Kurt Peters, et celle des membres du conseil d’administration de la State Investment Corporation.
D’ici peu, les quelque 850 employés des casinos de Maurice, y compris des croupiers, syndiqués de la Casinos Employees Union (CEU), délaisseront le port de l’uniforme pour enfiler des t-shirts portant l’inscription “On Strike, But Working Because We Care !”. C’est l’une des quatre résolutions votées à mains levées hier par les 500 employés de casinos présents lors de l’assemblée générale annuelle de la CEU à la salle des fêtes de la municipalité de Curepipe.
« Direksyon des Kazino na pa pe respekte ek pe viol ledrwa de emplwaye. En retour, nou pa pou respekte zot “Terms and Conditons of Work” en refusant met liniform ki form parti nou kondisyon travay. Me parski nou bann travayer responsab, kan nou met sa polo-la, nou pou fer bann klian kompran ki pe bafoue nou drwa dan Kazino ! » a expliqué le négociateur de la CEU, Yvor Tan Yan, de la Federation of Progressive Unions (FPU).
La deuxième résolution votée par cette assemblée a été l’envoi d’une pétition au Premier ministre, à la Présidente de la République, au ministre du Travail et à celui de la Bonne gouvernance ainsi qu’au leader de l’opposition, réclamant la démission du directeur général des casinos, Kurt Peters, ainsi que celle des membres du conseil d’administration de la State Investment Corporation (SIC), pour non-respect des droits des employés. « Direkter zeneral li enn pion dan lamin du board SIC ! » s’est indigné le président de la CEU, Eddy Benoît. Le syndicat déplore « les décisions unilatérales » de la SIC et le « harcèlement moral » des employés de casinos par leur direction.
Dans ce contexte, au début de cette assemblée générale spéciale, le président du syndicat a invité ceux présents à observer une minute de silence pour Aldo Dussoye, récemment décédé dans le sillage, soutient-il, de la réception d’une lettre de la direction des casinos l’informant des conditions de sa mise à la retraite anticipée. « Enn let fin sorti depi direksyon. Enn let ki finn tromatiz sa kamarad-la… So dernier fraz-la kriminel ! » s’est pour sa part indigné, dans un élan de colère, l’ancien syndicaliste et l’activiste social Jack Bizlall.
Appelé à témoigner devant l’assemblée, le frère d’Aldo, Thierry Dussoye (lui-même récemment licencié du Domaine les Pailles par la SIC), a évoqué d’une voix empreinte d’une vive émotion les derniers moments de son frère. « Zame mo ti panse ki Aldo ti pou kit nou aussi brit ki sa. Li ti demoralize ! » a-t-il dit. La 3e résolution votée par l’assemblée a trait à l’envoi d’une lettre à la direction des casinos exigeant le paiement des arrérages dus : le 14e mois, les allocations transport. Ils demandent également que tous les nouveaux casinos soient intégrés au réseau des présents casinos et que les employés qui y seront déployés jouissent des mêmes droits et autres conditions d’emplois que les autres. Ils veulent en outre une renégociation du Mutually Agreed Scheme. « Kuma ou kapav apel sa “mutually agreed” alor ki pa finn ena okenn consultasyon ek person ? » s’est demandé Ivor Tan Yan.
La tenue de « manifestations continues » de dix personnes devant les casinos est la 4e résolution votée par les syndiqués. « Nou pou fer enn roaster pou ki sak zur ena divan sak kasino 10 employe ki pou tenir enn pike de grev. Si bizin nou tenir six mwa, nou bizin kapav tenir six mwa ! » a expliqué le négociateur de la CEU. Outre Eddy Benoît, Jack Bizlall et Ivor Tan Yan, des membres de l’exécutif de la CEU et d’anciens présidents de ce syndicat ont aussi pris la parole lors de cette assemblée générale spéciale, qui a duré plus de deux heures.