• Une grève de la faim pas écartée

La vente des Casinos de Maurice serait-elle une farce ? Telle est la question que se pose le président de la Casino Employees Union (CEU), Satish Rughoobur, après qu’un employé, comptant moins d’années de service que d’autres, a été nommé à un poste supérieur. Selon lui, cette nomination remet en question plusieurs éléments relatifs à la vente des Casinos de Maurice.

« On nous a annoncé la vente des Casinos de Maurice depuis quelque temps mais comment cela se fait-il qu’une promotion ait été accordée à un employé ? », se demande le syndicaliste, qui se dit « lésé » dans cet exercice de promotion. Faisant l’historique qui a amené à cette nomination, il avance qu’en avril dernier, le poste “d’assistant surveillance and security manager” avait été annoncé. D’autres employés et lui, tous répondant aux critères établis, avaient soumis leurs candidatures pour le poste en attendant qu’ils soient appelés pour une interview. « C’est un poste taillé sur mesure pour mon junior qui a dix années de moins d’expérience que moi. Il occupe le poste depuis lundi », soutient le syndicaliste.

Selon le syndicaliste, celui qui avait été choisi parmi les employés ayant plus d’années d’expérience, serait « le protégé d’un ministre » et il aurait même laissé entendre que ce poste avait été conçu pour lui. « Les hauts gradés de la State Investment Corporation ont effectué un entretien avec ceux qui avaient postulé pour ce poste mais celui-ci est revenu à une personne que je considère comme pas valable », dénonce-t-il, ajoutant qu’il « n’a jamais pris de congé de maladie » après toutes ces années, soit 25 ans au sein des Casinos de Maurice.

Pour Satish Rughoobur, même si la personne en question n’a pas été retenue pour ce poste, une employée, qui avait obtenu un “award” par la cour, devait être considérée pour le prochain poste mais « rien n’a été fait ». Selon le syndicaliste, une dizaine de personnes, ayant plus d’années d’expérience que la personne en question, avait été appelée pour un entretien mais sans suite.

Contactée pour réagir sur sa candidature rejetée après son entretien, cette employée, qui a souhaité garder l’anonymat, soutient qu’elle a été « lésée » alors qu’elle répond à tous les critères. « J’ai eu un “award” de la cour qui dit que je suis le “Senior Most” de tout le monde. Ce qui s’est passé avec moi est un acte discriminatoire. Je compte aller de l’avant vers une grève de la faim », soutient cette employée.

Tout comme elle, un autre employé, ayant au moins 32 ans de service dans le département de la surveillance, se dit aussi « frustré ». Voulant garder son anonymat « par peur de représailles », ce père de famille dénonce cette nomination. « C’est un agent politique qui a eu ce poste. C’est quelqu’un qui est très proche du MSM et d’un haut gradé dans la compagnie. Ils habitent le même quartier », dit-il. Il ajoute qu’ils sont quelques employés qui sont plus qualifiés et soutient que l’autre ne « détient pas les qualifications nécessaires et l’expérience adéquate ».

Il fait aussi ressortir que le département de la surveillance a toujours été indépendant et que les officiers répondaient directement au directeur général ou au président de la Task Force. « Pour ce nouveau poste, on est appelé à répondre au directeur des ressources humaines. Je dénonce cette décision, car il y a des choses qui ne tournent pas rond », dit-il. Cet employé fait ressortir que le salaire accordé au Surveillance and Security Manager en question est « inférieur » à ce qui doit être vraiment accordé au bon candidat. Si une lettre a été envoyée à l’ICAC pour dénoncer ce cas, cet employé dit ne « pas comprendre pourquoi cette institution fait la sourde oreille ».

Le poste “d’assistant surveillance and security manager” avait été ouvert début avril dernier. Selon une lettre envoyée à l’ICAC après que ce poste a été affiché aux Casinos de Maurice, les trois employés avaient émis leur satisfaction étant donné que le département de la surveillance sera plus renforcé à travers ce poste. « Ce département avait été depuis trop longtemps ignoré malgré les nombreuses requêtes pour la nomination de nouveaux Surveillance Officers », peut-on lire dans la lettre. Celle-ci fait aussi état de l’éventuelle nomination d’une personne à travers un poste taillé sur mesure qui ne demandait que 10 ans d’expérience alors que les trois personnes lésées en ont plus de 25 dans le département de surveillance.