Ils étaient une cinquantaine à avoir « bravé les menaces et intimidations qui ont été faites à notre égard et auprès de nombre de nos collègues, employés des différents casinos » à se rassembler hier, vendredi 13, au Jardin La Compagnie, à Port-Louis. Manifestation qui n’a pu avoir lieu, les organisateurs n’ayant pas eu l’aval du Commissaire de Police pour leur activité. Ces employés des casinos de Maurice et membre du Casinos Employees Union (CEO), syndicat reconnu, ont profité de l’occasion pour dénoncer « l’ingérence d’une personne, en l’occurrence, Rajah Pillay, dans notre secteur », ajoutant que ce dernier « a engagé une campagne d’intimidation ».
Ivor Tan Yan, négociateur agréé par le syndicat et la SIC, qui gère les casinos de l’État, et Eddy Benoît, président du CEO, sont catégoriques : « Les casinos passent par une période très noire. Nous souhaitons vivement que le ministre des Finances, Vishnu Lutchmeenaraidoo, et le PM, sir Anerood Jugnauth, interviennent au plus tôt dans le litige qui nous oppose, surtout avec la présence de Rajah Pillay dans les couloirs des casinos. »
Rappelant que « 853 familles, soit plus de 2 400 Mauriciens, sont directement affectées par la situation catastrophique qui règne depuis plusieurs années au sein des casinos », ils ajoutent : « Le gouvernement a mis en place un Steering Committee et un rapport, comprenant des recommandations, a été publié. Nous sommes tous d’avis qu’il est grand temps qu’une refonte totale soit apportée à ce secteur et soulignons que tous les employés sont prêts à y participer. » Cependant, rappellent I. Tan Yan et E. Benoît : « Ce que la majorité des employés n’arrivent pas à digérer, c’est l’ingérence de Rajah Pillay, qui dit avoir été recruté comme consultant… D’accord, mais par qui ? Le gouvernement ? La SIC ? On demande à savoir ! »
Par ailleurs, ils ajoutent : « Hier soir (jeudi), plusieurs de nos collègues ont déclaré recevoir des messages via leurs téléphones, voire des coups de fils, leur intimant l’ordre de ne pas participer à notre manif. C’est révoltant ! » E. Benoît a salué « le courage et la bravoure de ceux et celles qui se sont déplacés, malgré tout, pour venir témoigner leur solidarité dans ce combat qui est celui de tout employé des casinos de Maurice. »
Plusieurs employés présents ont expliqué « subir les caprices de certains employés, proches de M. Pillay. » À l’instar d’un habitant du Nord qui explique que, « depuis une quinzaine de jours, le transport en commun qui passe nous prendre fait un détour selon les convenances d’un employé très proche de M. Pillay ». Et d’ajouter : « Quand nous avons demandé pourquoi nous, les autres, sommes pénalisés, nous n’avons reçu aucune réponse ! » Ivor Tan Yan et Eddy Benoît ont aussi rappelé « l’ingérence et la proximité de nombreux employés, agents et partisans, qui ont bénéficié d’un piston, dans le sillage des élections précédentes, pour décrocher un emploi dans les casinos ».