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Un autre record dans le public : 11 mois seulement à la direction de la State Investment Corporation

Prem Beejan est parti jeudi 28 février. C’est ce qu’on appelle une démission surprise. Elle est tellement surprenante que les employés de la State Investment Corporation et des casinos, son pôle d’activité le plus exposé, se posent la question de savoir si c’est une démission de plein gré ou s’il s’agit d’un départ contraint compte tenu des jeux de pouvoir et d’influence qui font rage dans ce secteur et, celui, plus large, des organismes parapublics. Celui qui dirigeait la SIC n’aura passé que 11 mois à la direction de la SIC. Il est quand même parti avec quelques jolis millions en poche.

Il avait pris le relais à Rita Veerasamy, la sœur de Vishnu Lutchmeenaraidoo, qui s’était incrustée, jusqu’à jeter l’éponge en janvier 2018. C’est en mars 2018 que le Premier ministre décide de nommer Prem Beejan à la tête des casinos, un poste qu’il avait occupé entre 2003 et 2005 lorsque c’est le même Pravind Jugnauth qui était aux Finances, ministère de tutelle de la SIC. Prem Beejan avait aussi, en sa qualité de directeur de la SIC, pris le relais à Rita Veerasamy sur le conseil d’administration d’Air Mauritius. Comme il dit avoir eu une offre digne et sincère pour prendre la présidence d’une banque locale, il devrait emboîter le pas à Arjoon Suddhoo qui, voyant venir le crash de la compagnie nationale d’aviation, a postulé pour un poste d’assistant-secrétaire général du Commonwealth et a obtenu le poste, ce qui devrait l’amener à démissionner de la présidence d’Air Mauritius à la fin du mois.

Si ce n’est pas l’hécatombe dans le parapublic, il y a néanmoins comme un air de sauve-qui-peut au sein de certains organismes. En tout cas, le départ de Prem Beejan fait beaucoup jaser. Surtout qu’il intervient au moment même où le syndicat des casinos a décidé de maintenir le déclenchement d’une grève de la faim mercredi 6 mars si la direction n’honore pas son engagement pris devant le ministère du Travail et de l’Emploi de faire partir Chandra Ram, celle qui a pour fonction Officer in Charge des casinos. Alors même que ses qualifications sont très en deçà de ce qui est requis pour un tel poste.

Protégée

La protégée politique, qui a une connexion directe avec un membre influent de l’entourage de Pravind Jugnauth, aurait dû déjà, depuis fin janvier, avoir été mutée et remplacée par une management team. Sauf que, se sentant très protégée, bien plus que les Sumputh ou les Choomka, elle a décidé de bouz fix et de faire du surplace. Ce qui met la direction de la SIC dans une position inconfortable face au syndicat, qui entend mettre à exécution sa décision de grève pour amener la direction à respecter l’engagement tripartite pris en novembre dernier. Or, Prem Beejan disait pourtant à qui voulait l’entendre au début de la semaine qu’il allait faire partir Chandra Ram, mais au final, c’est lui qui est parti, ce qui tend à accréditer la thèse qu’il a été poussé à la démission contre une offre de reclassement ailleurs pour que la pilule soit moins amère.

Les employés s’intéressent aussi à la position que va adopter la président de la SIC, Jairaj Sonoo, celui qui était l’objet d’une enquête à la State Bank of Mauritius et qui a quitté son poste de CEO pour présider aux destinées de la SIC. Va-t-il emboîter le pas à Prem Beejan ou va-t-il se faire tout petit et accepter tous les diktats ? Ce sont autant de questions que se posent les employés de la SIC et des casinos. Pendant ce temps, ceux qui ont l’oreille du PMO jubilent de manière ostentatoire. Un membre de cette clique affecté aux machines à sous n’a-t-il pas, cette semaine même, menacé un dirigeant syndical en ces termes : « Al fer to lagrev, mo met twa deor ! » C’est ainsi que se comportent ceux qui bénéficient du parapluie protecteur des puissants.