A peine la lecture du Budget 2017/18 terminée, le Premier ministre et leader du MSM, Pravind Jugnuath, se voit confronté à la réalité des « casseroles de lakwizin en série ». Dans l’immédiat, la démarche de l’ancien ministre des Services financiers et leader du Reform Party, Roshi Bhadain, au sujet d’une éventuelle démission en tant que membre de l’Assemblée nationale sur fond du projet Métro Express, fait l’objet d’un Monitoring politique régulier. Voilà que la presse indienne, en particulier la Worldfuturetv.com, est venue alimenter les spéculations sur une éventuelle dissolution de l’Assemblée nationale et la tenue de Snap Elections avant la fin de cette année, soit en octobre très probablement. Cette proposition aurait été soumise par le Premier ministre de la Grande Péninsule, Narendra Modi, lors de la récente mission officielle de Pravind Jugnauth à New Delhi. Un sondage réalisé au mois de mai par une agence à la demande du gouvernement indien prévoit qu’en cas d’élections générales, le MSM ne pourra remporter que quatre sièges au maximum compte tenu de la série de scandales ébranlant le gouvernement.
Par ailleurs, la possibilité d’une élection partielle à Belle-Rose/Quatre-Bornes (No 18) devrait se préciser dans les jours à venir. Une étape préalable se présentera avec l’intervention de Roshi Bhadain sur le budget. « J’interviendrai lors des débats budgétaires cette semaine. Le gouvernement a réitéré son intention d’aller de l’avant avec le Métro Express. Je note que le coût est passé à Rs 20,9 milliards, alors que Pravind Jugnauth avait jusque-là soutenu de manière catégorique que le budget de ce projet n’allait pas dépasser les Rs 17 milliards. Il faudra savoir si le projet a connu des modifications ou non », a-t-il déclaré à Week-End, hier après-midi.
L’un des points en litige est le tracé du Métro Express le long de la route St Jean avec l’élimination de deux Lanes sur ce tronçon, aussi bien que le sort qui sera réservé à la Promenade Bruneau à l’avenue Victoria, ou encore la foire de Belle-Rose. « Dans un souci de transparence, le gouvernement a le devoir de fournir des éclaircissements sur ces points maintenant que les travaux démarreront en septembre prochain. Si le gouvernement ne joue pas le jeu, je suis disposé à écrire aux autorités indiennes en tant que parlementaire pour obtenir ces informations dans les meilleurs délais », devait-il ajouter sans apporter de précision quant au Timing de tout développement. Le leader du Reform Party ajoute qu’il poursuit sa campagne de consultations sur le terrain avec ses mandants.
Toutefois, en cas de délais trop importants pour toute décision, le projet d’élection partielle au No 18 court le risque de devenir caduc. A en croire la presse indienne de la fin de la semaine, Narendra Modi aurait conseillé à Pravind Jugnauth d’opter pour la tenue d’élections générales anticipées après l’adoption du budget par l’Assemblée nationale. C’est ce qu’indique Worldfuturetv.com citant des sources officielles indiennes. Cette éventualité de dissolution du Parlement aurait été évoquée lors du récent déplacement de Pravind Jugnauth en Inde. Cette analyse de New Delhi sur la situation politique à Maurice s’articule autour des résultats d’un sondage commandité par l’Inde en mai dernier. Avec la série de scandales qui accablent successivement le gouvernement, le MSM n’est crédité que d’un maximum de quatre élus. « In the discussions, Jugnauth was informed that his party had very little chances of surviving the current political pressure that is building up in the country following a series of missteps by the coalition that ousted the Labour Party-Movement Militant Mauricien (LP-MMM) coalition in 2014», révèle Worldfutretv.com, qui laisse comprendre que très probablement New Delhi serait intéressé à « broker a deal between several parties » en prévision de la dissolution de l’Assemblée nationale après le budget. « They were told this was the best way to salvage the MSM as the party would face a backlash in a snap poll », note cette chaîne de télévision numérique. Il y a encore de graves allégations contre « one cabinet minister who is close to the Jugnauth family, facing a series of accusations ». Un enregistrement vidéo d’une accablante affaire de corruption existerait.
La presse indienne souligne que la présence du Deputy Prime Minister et leader du Muvman Liberater, Ivan Collendavlloo, n’avait qu’un but politique spécifique, éviter à tout prix un éclatement du gouvernement MSM/Muvman Liberater dans la conjoncture. « It is apparent that India might want a stronger government to take power and their choices might fall between the PMSD with a Hindu candidate or a return of the MMM party » vu que l’Inde croit que le Parti travailliste sous le leadership de Navin Ramgoolam ne vaut que six à huit sièges aux prochaines élections générales.
Evaluant le potentiel des deux autres partis, à savoir le MMM et le PMSD, le sondage spécule que le MMM avec Paul Bérenger, briguant le suffrage universel en tant que Premier ministre avec Madan Dulloo, présenté comme Deputy Prime Minister, peut prétendre à une fourchette de 38 à 40 sièges. Par contre, le ticket Bérenger Premier ministre et soit Pradeep Jeeha, soit Ajay Gunesh en tant qu’adjoint, ne récoltera que 22 élus.
« About the PMSD, if the party were to run for elections with a Hindu Prime Ministerial candidate, it would probably get no more than 38-40 seats. But if the party would go to the polls with Xavier Luc Duval as PM candidate, it may win only 22-23 seats », indique ce sondage avec New Delhi proposant à « Jugnauth to let whoever wins the next elections to run the show as a collapse of his government would have an irreparable impact on his political career ».
De quoi alimenter la chronique politique dans la conjoncture même si ce scénario de Snap Elections ne tient pas compte de l’effet Theresa May aux élections en Grande-Bretagne de jeudi.