Keshwar Beeharry-Panray, Chief Executive Officer de l’ONG Environment Protection and Conservation Organisation (EPCO), estime que les Mauriciens ne sont pas conditionnés à faire face aux catastrophes naturelles. « Il faut les préparer, les sensibiliser aux risques. Par exemple, voyez ce qui se passe actuellement dans le pays, personne ne sait ce qui leur arrive et pourquoi autant de pluies, et comment y faire face », lance-t-il. Il prendra l’avion ce soir pour le Japon, où il participera, du 14 au 18 mars, à la 3e conférence mondiale sur la réduction des risques, organisée par l’International Decade for Natural Disaster and Risk Reduction Organisation.
« Les écoles fermées pendant quatre jours et peut-être une semaine à cause des pluies, c’est du jamais vu. Plus de 300 mm de pluies sont tombés à Grand-Bassin, ce n’est pas normal. La fréquence des catastrophes naturelles augmente à Maurice et les Mauriciens ne comprennent pas vraiment que c’est en raison du changement climatique », lance Keshwar Beeharry-Panray. Les femmes, les enfants, les vieilles personnes et les handicapés souffrent le plus des intempéries mondiales touchant une personne sur quatre, poursuit-il.
Pour préparer la population, dit notre interlocuteur, il faut mettre en place un Centre for Disaster and Risk Reduction à Maurice, pour collecter des données, préconiser les mesures à prendre et mener des campagnes de sensibilisation auprès de toute la population. Cela est très important, car les pluies, par exemple, n’affectent pas seulement une partie, mais toutes les sphères de notre vie, tant sur le plan environnemental qu’économique, social et sanitaire, entre autres. « La préparation est primordiale », insiste-t-il.
Au Japon, Keshwar Beeharry-Panray fera entendre la voix de quelques centaines d’organisations de la société civile, membres du Global Network of Civil Society for Disaster Risk Reduction (Southern Africa), qui ont trouvé qu’il y a un écart entre les politiques nationales sur le sujet et les pratiques locales. « Les catastrophes continuent à faire souffrir les gens à cause de cet écart. Nous devons, donc, voir les risques dans une perspective locale, collaborer avec la population sur le terrain, mobiliser les ressources du pays pour renforcer la résilience et surtout ne laisser personne à l’écart », fait-il ressortir. En même temps, ajoute-t-il, « il faut apprendre des leçons du passé. » La première conférence de ce genre a eu lieu en 1989, la deuxième en 1994, où les stratégies pour un monde plus sécuritaire furent discutées, et la troisième a lieu à Shinday, au Japon, place à laquelle un tsunami avait fait 18 000 victimes en 2011.