PADMA UTCHANAH
Porte-parole du Ralliement Citoyen pour la Patrie

La colère du peuple s’est fait entendre ces derniers jours. C’était presque un climat chaotique. Les sinistrés des inondations crient à l’injustice, avec cette intime impression d’être des laissés-pour-compte de la société mauricienne. Le gouvernement et la Sécurité sociale sont pointés du doigt.

Comment en sommes-nous arrivés là et quelles sont les solutions pour remédier à cette exaspération récurrente ? Force est de constater que la gestion de la Sécurité sociale est un vrai capharnaüm. On déplore le manque de professionnalisation au sein du service qui s’occupe des indemnisations des catastrophes naturelles. À cela, s’ajoutent des méthodes de travail très disparates et non-réglementaires. On retrouve ainsi des fonctionnaires placés à un poste de travail dont ils ne maîtrisent pas complètement les rouages du métier. Tout cela résulterait d’une politique de copinage, de favoritisme et de népotisme.

Il faut dépoussiérer la Sécurité sociale et, plus particulièrement, le service qui s’occupe d’indemniser les sinistrés des catastrophes naturelles. Nous sommes dans une mutation du monde à l’ère numérique et nous constatons que tout le système de la Sécurité sociale est bien loin de cette digitalisation. Il nous faut absolument schématiser les données et les besoins. Le Ralliement Citoyen pour la Patrie propose une simplification du système :

– La fiche de poste d’un policier est uniquement le maintien de l’ordre, la protection des personnes et des biens et, en aucun cas, il ne doit faire office d’agent administratif pour les sinistrés. Ce n’est aucunement son rôle.

– Former les employés déjà en poste à cette transformation digitale et également apprendre l’aspect social de ce poste. Il est important d’apprendre comment gérer la relation humaine, afin de mieux répondre aux besoins des citoyens.

– Apprendre aux fonctionnaires de l’État la neutralité et l’impartialité lors du traitement d’un dossier.

– À chaque catastrophe naturelle, il est impératif que des officiers de la Sécurité sociale se rendent sur les lieux. Un état du préjudice subi par chaque habitant doit être effectué. Des photos ou vidéos doivent être prises, comme preuve à l’appui et doivent être jointes au dossier.

– L’agent administratif dépêché sur les lieux doit faire remplir le formulaire de déclaration de catastrophe naturelle aux sinistrés. Le délai de paiement ainsi que le montant doivent être explicitement précisés sur le feuillet.

– Afin d’éviter d’encombrer les locaux de la Sécurité sociale, le demandeur sera prévenu par un message automatique sur son portable au moment du versement du montant. Celles et ceux qui n’ont pas ce moyen de communication doivent être prévenus par voie postale.

– La somme doit être versée directement sur le compte bancaire du demandeur, sauf cas extrême de non-détention d’un compte.

– L’État doit mettre en place un numéro vert spécial catastrophe naturelle. Cela permettra de guider au mieux les sinistrés dans les démarches à suivre.

– Au vu des années sombres à venir, où nous risquons de subir de plein fouet davantage de catastrophes naturelles, il est grand temps de mettre en place une politique d’assurance habitation obligatoire. L’État, par définition, n’est pas assureur. Cela englobera les catastrophes naturelles, le vol, les dégâts des eaux, le vandalisme, etc.

– Nos institutions doivent être d’une efficacité optimale. Elles doivent être au service du peuple. De même, les citoyens doivent être traités à égalité sans distinction de classe sociale, de croyances, ou d’ethnie, comme le précise si bien John Rawls, le philosophe américain. Il invite nos yeux et notre esprit à porter le « voile d’ignorance » afin de ne léser personne. J’invite l’État à faire preuve d’équité envers tous les citoyens.