La Landslide Management Unit travaille sur l’élaboration d’un protocole national en cas de glissement de terrain et aux autres risques associés aux mouvements de terrain. Les discussions lors d’une session de travail organisée hier par le ministère des Infrastructures publiques et la Japan International Cooperation Agency (JICA) ont débouché sur un protocole qui définira les rôles et les responsabilités de chaque stakeholder.
Les autorités mauriciennes, avec l’aide de l’agence internationale de coopération japonaise, ont répertorié 37 “landslide prone areas” à travers l’île, en les identifiant toutes selon le degré de risques et l’ampleur du danger. Ainsi, les endroits prioritaires identifiés sont Chitrakoot, Quatre-Soeurs et Vallée-Pitot, compte tenu des glissements de terrain en cours. Des mesures correctives dans le cadre d’un projet pilote ont été mises en oeuvre pour ces trois régions.
C’est Chitrakoot qui est considérée comme la région la plus à risque par rapport à l’ampleur des catastrophes et la taille des glissements de terrain. Selon Reshad Jewon, Director of Civil Engineering Section du ministère des Infrastructures publiques, la Phase II des mesures correctives sera achevée d’ici la fin de l’année.
Lors de l’ouverture de la session de travail hier à l’hôtel Labourdonnais, le ministre des Infrastructures publiques, Nando Bodha, a longuement insisté sur la collaboration des différents stakeholders afin de mettre en place les contre-mesures et entreprendre les travaux nécessaires de réhabilitation dans les endroits à risque. Toutefois, a-t-il ajouté, la Landslide Management Unit doit être renforcée pour mieux gérer les risques associés à ce genre de catastrophe. « Il y a un manque d’expertise locale sur la question de la gestion de glissements de terrain. Les ingénieurs du ministère sont surtout des ingénieurs civils et ne disposent pas des connaissances nécessaires dans ce domaine précis ni d’autorité légale pour adresser les cas de glissements de terrain et aviser sur les contre-mesures afin de prévenir ces catastrophes. Cependant, avec l’aide de la JICA, quelques-uns de nos ingénieurs ont bénéficié d’une formation dans le domaine aux Seychelles et au Japon, avec un ingénieur qui poursuit actuellement une maîtrise en “geotechnical engineering” au Japon », a déclaré le ministre.
Kensuke Ichikawa, Chief Advisor de l’équipe d’experts de la JICA, est d’avis également que l’unité doit être renforcée avec les “Terms of Reference” qui restent encore à être définies, de même que les rôles des différents stakeholders. « Même si les désastres de ce type arrivent moins fréquemment à Maurice, contrairement au Japon, avec les développements à venir et les nouvelles routes, cette question doit être considérée de manière sérieuse », a souligné l’expert de la JICA.
À noter que Maurice bénéficie de l’aide de la JICA en matière de glissements de terrain depuis ces quatre dernières années. Après de longues discussions, la coopération technique a été étendue pour que l’agence continue à assister le ministère dans le but d’entreprendre les travaux de réhabilitation dans les régions affectées ainsi que mitiger les effets des glissements de terrain.
En ce qu’il s’agit du protocole en cas de glissements de terrain, le ministre Bodha a mis l’emphase sur le fait que celui-ci doit être efficace et doit contenir des mesures correctives à adopter. « Maurice dispose d’un protocole bien rodé en matière d’alerte cyclonique. Nous avons appris à vivre et à nous adapter aux cyclones. Toute une population et les stakeholders ont été éduqués et formés sur la manière de réagir avant, pendant et après un cyclone. Il faut en faire de même pour les glissements de terrain », a souligné le ministre Nando Bodha.