La « commercialisation à outrance » de l’éducation à Maurice a été dénoncée samedi par Mgr Maurice Piat, lequel participait à une conférence-débat en la cathédrale St-James, organisée dans le cadre de la célébration du 160e anniversaire du diocèse anglican à Maurice. La conférence avait pour thème « La redynamisation de l’Église face aux défis du 21e siècle ». Parmi les intervenants se trouvaient Mgr Ian Ernest, évêque de Maurice, Mgr Maurice Piat, évêque de Port-Louis, le pasteur Rodney Curpenen, modérateur de l’Église presbytérienne, ainsi que le révérend Mario Li Hing de l’Église protestante et évangélique.
Pour Mgr Maurice Piat, ce qui « redynamise l’Église », c’est « l’Amour gratuit dont nous bénéficions tous ». Il a axé son intervention sur « la charité dans la vérité » tout en plaidant en faveur de « l’amour gratuit dans divers domaines », dont l’Éducation, la Santé et, même, l’ÉCONOMIE. Il a dénoncé le fait que l’éducation soit devenue « un moyen de se faire de l’argent par tous les moyens », par le biais notamment des leçons particulières, qui font l’objet de publicités à la télévision. « Comment éduquer nos enfants si les enseignants n’ont pas un amour gratuit pour leurs élèves », s’est-il demandé. Et de citer le cas d’une école d’un quartier défavorisé ayant enregistré un taux de… 97% de réussites au CPE. Lorsqu’il a demandé aux parents la raison de cette réussite, ces derniers ont répondu à l’unisson : « Professer kontan banne zeleves. »  
« Comment peut-on prétendre guérir les malades si les médecins n’aiment pas leurs patients et ne pensent qu’à se faire de l’argent ? Comment peut-on parler de développement si les dirigeants n’aiment pas la population et les chefs d’entreprises n’aiment pas leurs employés ? » a observé l’évêque de Port-Louis, insistant à nouveau sur l’importance de « l’amour gratuit en toute chose ».
Dans son exposé, Mgr Oliver Simon, évêque du diocèse d’Antsiranana (dans le nord de Madagascar), a mis l’accent sur la nécessité de « redynamiser l’Église », ce qui passe, selon lui, par le renouvellement de soi. Les défis de l’Église, selon l’orateur, consistent à trouver un équilibre entre ce qu’il appelle « les distractions du monde » et « la volonté de s’adapter à l’abondance de l’amour de Dieu ». Et d’insister sur l’importance de prendre des risques et d’être des « fous de Dieu », comme le définit St-Paul. Fondamentalement, l’Église a pour mission de façonner la société. Aussi, chaque chrétien est-il appelé, selon lui, « à être attentif aux manifestations de la présence de Dieu ».
De son côté, le pasteur Rodney Curpenen, de l’Église presbytérienne, a parlé du « besoin de renouveau » dans l’Église du fait que « chaque génération a sa modernité ». Et le principal défi de l’Église, estime-t-il, est de trouver un équilibre entre le « non-négociable », en l’occurrence l’existence d’un Dieu unique, et le « processus de la mondialisation ».
Enfin, le révérend Mario Li Hing, de l’Église protestante et évangélique, a rappelé la mission première de l’Eglise, à savoir de faire des disciples dans  toutes les nations. Dans le même souffle, il a cité des textes des quatre évangiles afin d’expliquer la nécessité, pour chaque chrétien, « de faire son examen de conscience » et pour « agir selon la volonté de Dieu ».
Il incombait à Mgr Ian Ernest de prononcer le discours de bienvenue et de remerciements aux intervenants ainsi qu’aux participants, principalement des membres de conseils de fabrique du diocèse anglican et des responsables des forces vives et des institutions du même diocèse. Il s’est réjoui de la présence des dirigeants des églises chrétiennes de Maurice à cette conférence-débat, et a rappelé les actions concrètes découlant de l’oecuménisme à Maurice.
Les questions du public, elles, étaient principalement axées sur l’oecuménisme et ses actions concrètes dans notre société multiculturelle. La conférence était entrecoupée de cantiques, interprétés par une chorale anglicane, dirigée par Robins Veerasamy.