La somme qu’il réclame est colossale. De mémoire d’huissier de Cour, on n’a jamais entendu des réclamations aussi lourdes. Pourtant, dans le courant de la semaine, l’ex-commissaire de Police, Raj Dayal, a intenté des poursuites contre l’Etat, lui réclamant au passage Rs 1 milliard pour sa destitution comme commissaire de Police. Dans sa plainte logée par l’avoué D. Luchmun, Raj Dayal soutien que sa destitution est le fruit d’une machination fomentée contre sa personne. L’affaire sera appelée en Cour suprême le 24 novembre prochain.
Dans sa plainte, Raj Dayal effectue une chronologie détaillée des événements qui ont entraîné sa destitution. Le 11 octobre 1997, le président de la République de l’époque, Cassam Uteem, a institué une commission d’enquête relative à un scandale. Raj Dayal, alors commissaire de Police, est suspendu de ses fonctions. À la lumière des Findings de la commission d’enquête, un procès lui est intenté en cour Intermédiaire en 2000.  Le 31 janvier de la même année, il est relevé de ses fonctions de commissaire de Police.
Raj Dayal affirme avoir été poursuivi sous trois chefs d’accusations,  de faux témoignage, de faux et d’entente délictueuse. Il lui est alors reproché d’avoir produit une lettre de l’ex-inspecteur de police, Ben Buntipilly, en ayant pleinement conscience que le contenu de cette lettre était faux. Des suites du procès, le Full Bench de la cour Intermédiaire devait lui donner gain de cause le 2 février 2007. Mais le Directeur des poursuites publiques (DPP) interjette appel. Celui-ci est finalement rejeté le 4 octobre 2010
Raj Dayal soutient avoir officiellement réclamé sa réintégration auprès du président de la République, sir Anerood Jugnuath, par le biais d’une lettre écrite le 19 février 2007. Dans celle-ci, Raj Dayal a estimé qu’il devait être réintégré en se basant sur cinq points saillants. Mais le 11 janvier 2011, il a reçu une lettre de la présidence, signée par N. Gunputh. Ce dernier, qui est le secrétaire du président, a dit ceci dans la lettre: « I wish to inform you that the judgment of the Supreme Court, dismissing the appeal against the ruling delivered by the Intermediate Court, does not constitute valid grounds for the President to intervene, as your removal from office of the Commissioner of Police was validly effected in accordance with the provision of the Constitution. »
L’ex-CP Dayal accuse l’Etat d’avoir tout fait pour le dénigrer, l’empêchant ainsi d’obtenir du travail dans le secteur privé. « Plaintiff avers that there was massive propaganda by the State to depcit him in the minds of the public as a corrupt person, backed by illegal posters and to deter any private firm to enlist him as a personnel in their pay roll. » Tout en se disant hautement qualifié et tout en énumérant ses hauts faits d’armes au sein de la police, Raj Dayal soutient, entre autres, n’avoir pu obtenir un travail en tant que Senior Officer, Defence Affairs, au sein de la Southern African Development Community (SADC). Pour cause, il faisait l’objet d’un Criminal case et d’une Objection to Departure. Rien que pour ce poste, sur la base d’un contrat de quatre ans, il considère le lost opportunity of working et les salaires perdus à Rs 100 millions.
Dans le sillage de ses déboires avec la justice, l’ex-CP affirme avoir perdu ses parents, décédés des suites de complications cardiaques. Il soutient que les membres de sa famille, son épouse et ses enfants ont également beaucoup souffert du préjudice subi et du « harcèlement » de la part de la National Intelligence Unit (NIU). « Plaintiff’s reputation as a professional of international repute and a social and religious worker and that of his family were deliberately tarnished by the machinery of the state and the government of Dr N. Ramgoolam the Prime minister ».
Il évalue, de ce fait, le préjudice subi à Rs 1 milliard. L’affaire sera appelée en Cour suprême le 24 novembre prochain.