Vijaya Teeluck de la Commission Justice et Vérité a souligné hier lors d’une causerie à la mairie de Curepipe l’importance de la promotion et de la circulation du rapport de la CJV, rendu public en novembre 2011. Le document, souligne l’historienne, doit ainsi « être traduit en français et kreol pour que tous Mauriciens aient accès à ses informations et recommandations ».
La causerie d’hier, animée par Vijaya Teeluck, comportait deux volets : « Qui a peur de la vérité ? » et « Résumé du rapport et esprit, but derrière les recommandations ». Cette rencontre a été organisée par les membres du Parti travailliste oeuvrant dans la circonscription Curepipe/Midlands (N°17) et a réuni plus d’une cinquantaine de participants.
La traduction du rapport de la CJV, soutient Vijaya Teeluck, facilitera l’accès à l’information. « À ce jour, il n’y a que quelques copies qui circulent. Le rapport est aussi disponible sur internet. Malgré tout, les Mauriciens n’y ont pas vraiment accès », soutient-elle, précisant que « enn sentenn copy pe dormi dan bann biro ». Pour elle, la diffusion du document apportera un éveil de conscience parmi la population et permettra la concrétisation des recommandations.
Vijaya Teeluck n’a pas manqué de revenir sur les objectifs de la CJV en citant les mots clé : « Vérité, justice, réconciliation et réparation ». L’historienne a aussi souligné les points ayant attiré l’attention des responsables de cette unité, dont le communalisme, le castéisme et les conséquences de l’esclavage.
Lors du premier volet de la causerie, Vijaya Teeluck a fait état de plusieurs thèmes découlant des enquêtes menées dans le cadre de la préparation du rapport de la CJV et qu’une partie de la population « se refuse toujours de reconnaître ». Parmi figure la pauvreté au niveau duquel il n’y a, selon l’historienne, aucun changement de mentalité de la part des employeurs. Le système économique mis en place depuis la période de l’esclavage se poursuit toujours, a-t-elle ajouté.
« System ekonomik kontynn tret morisien kouma cheap labour. Bann employer azordi ena mem mentalite ki lepok lontan, li pey pli tigit ki posib a enn travayer, kan li pa kapav fer sa li delocaliz ou li rod maindoeuv etranzer », a soutenu Vijaya Teeluck. Et d’ajouter : « La pauvreté ne se situe pas uniquement dans des poches de pauvreté. Elle est présente partout à Maurice. Se pa ziss kreol ki soufer, ena sinwa, blan, indien ki miser… Sel diferans zot kasiet zot miser plis ki lezot parski zot viv dans sa sistem ki dir ki blan ou sinwa pena droi miser. Pa tou kreol desandan esklav ek pa tou indien desandan angaze ek hindou. »