Après le circuit international de Petit Camp U18 (Grade 4), où on a vu la consécration de l’Indien Mann Shat et de la Polonaise Weronika Baszak en simple, le directeur technique de Maurice, le Français Ludovic Louis, dresse un bilan de la compétition et dévoile ses plans pour 2019.

Quel est votre bilan de la compétition qui a pris fin hier ?

Je ne dirai pas que je suis satisfait, car certains joueurs mauriciens sont passés à côté du tournoi. Il faudra travailler davantage pour être plus compétitifs.

Christopher Fok Kow a été le seul à atteindre une finale (double garçons)…

L’objectif était d’avoir un Mauricien en demi-finale. On aurait préféré voir un des joueurs locaux en demis en individuel. Christopher Fok Kow était notre meilleure chance d’avoir un représentant en individuel, mais il n’a pu sortir son tennis. Il nous faudra discuter avec lui pour qu’il soit meilleur à l’avenir, car nous attendons beaucoup de sa part. Quant à Sarah Introcaso, elle a certes passé le premier tour, mais on s’attendait à la voir en quarts. Elle a réalisé trop de fautes dans son jeu. Les autres Mauriciens sont encore jeunes et ont une marge de progression. Ils ont le talent, mais ils sont tombés sur plus forts.

Après le sacre de la Mauricienne Amélie Boy l’an dernier, est-ce que la relève a été bien préparée ?

Je ne dirai pas cela. Mes prédécesseurs ont travaillé avec l’effectif qu’ils avaient, mais ils n’ont pas mis de programme de formation chez les jeunes. Lorsque j’ai pris les rênes, j’ai mis une formule afin d’encadrer les petits pour qu’ils soient plus compétitifs lors des différents événements. La complexité de Maurice est que nos tournois nationaux sont élitistes.

Comment mieux encadrer les plus jeunes ?

En septembre, je vais proposer à la fédération un nouveau programme pour les différents encadreurs et formateurs afin qu’ils puissent avoir les ingrédients pour tirer vers le haut les plus jeunes. En Europe, cela a porté ses fruits. L’idée est que ces formateurs puissent enseigner aux enfants les mêmes bases que nous à la fédération. Cela permettra un apprentissage plus rapide des jeunes Mauriciens.

Ne pensez-vous pas que les jeunes de quartiers ont été négligés ?

Pour créer des champions, il faut de la masse. Le gamin de cité, qui a des qualités athlétiques, si on ne va pas lui proposer de pratiquer le tennis, ce n’est pas lui qui viendra vers le tennis. Notre travail est d’encourager ces jeunes issus de familles modestes et de les encadrer au maximum. Cela permettra de démocratiser davantage le tennis.

Cela fera bientôt un an et demi que vous êtes en poste. Quels sont les manquements que vous avez constatés ?

Depuis ma prise de fonction, j’entends beaucoup dire que les Mauriciens veulent participer à des tournois internationaux tels les Jeux du Commonwealth ou les Jeux Olympiques. Pour cela, ce qui manque à Maurice, c’est des centres spécialisés, où les joueurs sont en immersion, c’est-à-dire qu’ils puissent y passer cinq à six jours voire deux semaines, et ensuite rentrer chez eux durant le week-end, comme en Europe. Cela les aidera à mieux progresser dans leur carrière.

Est-ce une déception pour vous de pas voir le tennis en compétition lors des Jeux des îles 2019 à Maurice ?

C’est une déception pour moi. Il faut savoir que le tennis est le deuxième sport le plus pratiqué au monde. Je ne vais pas entrer dans ce débat, mais je peux dire que les Mauriciens avaient des chances de médaille.

Quels sont les plans que vous avez mis en place pour pallier l’absence aux JIOI ?

L’objectif de 2019 est de pousser nos joueurs à participer à des compétitions internationales afin d’amasser des points ATP et que ces points soient reconnus par le ministère. Ensuite, on organisera un autre circuit international pour faire venir des étrangers afin de s’en servir pour permettre à nos joueurs de se démarquer.

Propos recueillis par Christopher Quenette.