La 18e Conférence des ministres de l’Éducation du Commonwealth a pris fin hier soir au centre de conférence international de Pailles. Si le protocole s’est voulu très consensuel dans son énoncé de retombées « très positives » et de discussions « très franches », la cérémonie devait s’enrichir de l’annonce du ministre Jeetah : l’offre de 54 bourses d’études de la Open University of Mauritius — de quoi « nous conforter sur la carte mondiale du tertiaire ».
Les remerciements fusaient de toutes parts lors de la cérémonie de clôture de la 18e édition de la Conference of Commonwealth Education Ministers (CCEM), un événement trisannuel. Et de rappeler et « réitérer » les généralités sur la question éducative : « moteur de croissance économique », « crucial au développement du capital humain ». Aucune spécificité élaborée, aucune particularité pédagogique analysée par des intervenants, pour le moins, consensuels, très diplomates et très expansifs de remerciements. Protocole oblige. Et comme devait le souligner le ministre de l’Éducation mauricien, Vasant Bunwaree, le lexique « technocratique » doit être gommé. Et faire place au « pragmatique ». La CCEM a pris fin hier soir au Swami Vivekananda International Conference Centre (SVICC) devant un parterre composé des délégations de 39 pays du Commonwealth.
Par ailleurs, deux points sont à relever. D’abord, l’octroi de 54 bourses d’études mauriciennes au pays du Commonwealth. Ces bourses concernent la Open University of Mauritius pour des cours par correspondance. Il s’agit d’une démarche qui, selon Rajesh Jeetah, ministre de l’Éducation tertiaire, montre aux pays du Commonwealth que Maurice prend la question de l’éducation tertiaire « très au sérieux ». Et de souligner que cette initiative confortera la visibilité de Maurice vis-à-vis de plus de deux milliards d’habitants du Commonwealth.
Deuxième point : la création d’une plateforme virtuelle — Commonwealth Connects — qui permettra aux ministres de suivre l’évolution des dossiers sans avoir à attendre l’organisation de la conférence chaque trois ans. Vasant Bunwaree accueille positivement cette initiative — ainsi que l’octroi de tablettes numériques Android aux participants. « On ne pourra plus dire qu’on n’était pas informé ». Le Commonwealth se met donc à la page. Il est désormais d’usage que les conférences internationales soient green et utilisent la technologie numérique dans le partage des données. On ne peut pas véritablement parler d’innovation dans ce cas, mais plutôt de synchronisation naturelle.
Cette 18e CCEM aura offert son contingent de « réitérations » calquées sur des Millenium Development Goals et des objectifs du Education For All (EFA), notamment, en rappelant par exemple « que l’éducation promeut la tolérance, la cohésion, la paix », « que l’Education For Sustainable Development ne doit pas concerner que le changement climatique, mais également la politique ». Le tout : un discours au semblant générique dans l’ensemble.
Un comité interministériel du Commonwealth — dont le ministre Bunwaree fait partie — a été institué en vue de soumettre un rapport aux Nations unies en novembre 2012. Ce rapport, élaboré à partir des fruits de la 18e CCEM, adressera des recommandations pour les objectifs post-2015 en matière d’éducation.
Par ailleurs, la 18e CCEM avait réuni des forums parallèles : le Youth Forum, le Teachers’ Forum, le Tertiary Education Forum et le Stakeholders’ Forum. La 19e édition aura lieu au Bahamas.