Environ 160 jeunes participent en ce moment au Youth Forum prévu dans le cadre de la conférence des ministres de l’Éducation du Commonwealth (CCEM). Le thème principal des différents ateliers est la participation des jeunes dans le secteur de l’éducation. Le partage des bonnes pratiques entre les délégués des différents pays a été un des moments forts du forum. À la clôture, un Pan African Student Body sera lancé.
Le Mahatma Gandhi Institute à Moka accueille depuis lundi, le Youth Forum du CCEM. 60 délégués des pays membres du Commonwealth, 50 Mauriciens, participants et 50 autres, observateurs, partagent leur vision sur la participation des jeunes dans le secteur de l’éducation. Be the Change, était le thème du premier atelier où les jeunes ont été appelés à être des modèles pour le changement. Plusieurs délégués, de différentes organisations internationales contribuent aux discussions de ce forum.
Hier, des représentants du Carribean Examinations Council (CEC), du Child and Youth Finance International (CYFI), de Microsoft, de l’Organisation International du Travail (OIT) et du Leonard Cheshire ont partagé leur vision sur le futur de l’éducation.
Pour Joni Simpson de l’OIT, il est devenu primordial aujourd’hui d’inclure l’entrepreneuriat dans le cursus scolaire afin de permettre aux jeunes de développer un esprit et des talents d’entrepreneuriat. « Même si le jeune ne va pas nécessairement se lancer dans le business, cela va l’aider à avoir cet esprit d’entrepreneuriat dans sa vie et son travail. »
Ce point de vue, poursuit Joni Simpson, cadre avec la vision de l’OIT pour un travail décent. L’Entrepreneurship Education, ajoute Joni Simpson, aidera les jeunes à identifier les opportunités dans différents secteurs et stimulera la culture de l’entrepreneuriat à l’école. Celle-ci, ajoute Joni Simpson, doit prendre en considération à la fois les aspects financier, social et environnemental.
Joni Simpson a cité en exemple le Know About Business (KAB) entrepreneurship education programme de l’OIT. Ce programme, dit-elle, favorise le learning by doing. À travers le KAB, les enseignants sont formés pour développer l’esprit d’entrepreneuriat chez leurs élèves. « Une telle éducation permet aussi de promouvoir l’égalité du genre à la fois parmi les enseignants et parmi les élèves. »
De son côté, le Dr Didacus Jules du CEC est d’avis qu’il faut repenser totalement le modèle d’éducation. « L’éducation doit s’adapter aux opportunités réelles de la vie actuelle. » Selon lui, les jeunes vivent actuellement dans un monde challenging où ils doivent faire face entre autres, au challenge de l’équité avec l’exclusion sociale, à la déception face au chômage, à la maladie. Qui plus est, rappelle-t-il : « Knowledge is changing so fast. Au bout de votre troisième année d’études universitaires, ce que vous avez appris en première année est déjà obsolète. » Pour un jeune, comment faire pour toujours rester à l’affût des innovations ? C’est une des questions sur lesquelles il faut se pencher, avance-t-il.
Le Dr Didacus Jules est aussi d’avis que la literacy, de nos jours, ne se limite pas à savoir lire et écrire. Les language and social skills doivent être pris en compte, dit-il, dans un monde global. « La nature même de l’amitié a changé aujourd’hui avec les réseaux sociaux. » Par ailleurs, l’intelligence émotionnelle, l’acceptation de la diversité et l’aptitude à gérer les conflits sont aussi des atouts pour les jeunes dans la société moderne.
Afin de pouvoir relever tous ces défis, dit-il, il faut que les têtes et les mains travaillent ensemble. « Nous vivons dans un monde où il y a beaucoup de bruit et personne n’écoute la voix des jeunes. Il faut prendre le temps d’écouter ce que les jeunes ont à dire », a-t-il soutenu.