L’indicateur synthétique du climat des affaires, Business Confidence Indicator, de la Chambre de Commerce et d’Industrie, indique un léger redressement pour le deuxième trimestre de cette année. En effet, le baromètre des affaires, rendu public vendredi, enregistre un gain de 0,6 point à la fin de juin contre une baisse de 1,3 points à la fin de mars. Néanmoins, l’indicateur de confiance demeure inférieur à la barre des 100 points et se retrouve encore loin de la pointe de 111 points de juin 2011. Malgré ce léger mieux, les appréhensions au sein du monde des affaires, notamment des risques potentiels de licenciement à court et moyen termes, persistent.
« Il nous faut signaler le sentiment mitigé qui se dégage de cette enquête. D’une part, il y a une hausse de l’indicateur synthétique du climat des affaires, et d’autre part, des inquiétudes des entrepreneurs sur les perspectives futures avec des soldes des anticipations des entrepreneurs négatifs pour l’ensemble des secteurs d’activités. Une alternance entre détérioration et amélioration de l’indicateur du climat des affaires démontre les incertitudes et le manque de visibilité, marquant l’économie, locale tant qu’internationale, en cette période de crise », affirme le rapport.
La Chambre de Commerce et d’Industrie avance qu' »à la question concernant la conjoncture économique locale, le solde des opinions est négatif à 40,2 points. Plus de 40% des panellistes jugent la situation économique comme étant non-satisfaisante. Point très important est qu’aucun des membres du panel ne la juge favorable ».
Un autre facteur, qui ajoute à la volatilité du contexte économique, est que « cette étude démontre que le climat ne s’améliore pas de manière homogène pour l’ensemble des secteurs d’activités. Des indices de confiance sont à la hausse pour le commerce et le secteur manufacturier, tandis que celui des services continue de baisser, et cela, pour la quatrième année consécutive ».
Le regain de confiance enregistré dans le circuit manufacturier s’explique principalement par une amélioration de l’ordre de 3,9% des commandes au cours du deuxième trimestre. « Après un premier trimestre difficile où se succédaient les mauvaises nouvelles sur le plan international, affectant ainsi les perspectives pour Maurice, la situation s’est améliorée pour 22,5% des entrepreneurs faisant partie du panel et s’est stabilisée pour 59% d’entre eux », concède l’indicateur de confiance.
La Chambre de Commerce et d’Industrie prône la prudence au niveau de l’emploie, soulignant que « 13,7 % du panel pensent avoir recours à des licenciements économiques dans le court et moyen termes pour maintenir la viabilité économique et financière de leurs entreprises. Ce taux se maintient au-dessus des 10% depuis le début de 2012. Nous constatons que les appréhensions des entrepreneurs, quant à la situation locale, demeurent ».
Les risques de licenciement économique se veulent plus préoccupants par rapport au secteur manufacturier. « Cette anticipation de retournement de conjoncture se reflète sur les intentions d’embauche à court et moyen termes. Pour la première fois depuis le lancement de cet indicateur, le solde des anticipations à cette question est négatif à 2,8 points. Plus de 11% (dans le secteur manufacturier) confirment leurs intentions de remercier certains de leurs employés si la situation financière de leurs entreprises se dégradent. Leurs marges de manoeuvre se sont réduites lors de ces trois années consécutives de baisses des activités », note la Chambre de Commerce et d’Industrie.
La perception du climat de confiance n’est nullement au beau fixe dans le secteur des services. En trois trimestres, l’indicateur pour ce secteur économique a perdu une quarantaine de points depuis juin 2011. Plus d’un tiers des entrepreneurs engagés dans le commerce anticipent une baisse dans les activités au cours du troisième trimestre alors que 37% optent pour le statu quo. « Etant donné l’importance du secteur tertiaire, qui représente environ 70% du PIB, ces baisses consécutives de l’indicateur du climat de confiance pour les services nous poussent à tirer la sonnette d’alarme », avertit la Chambre de Commerce et d’industrie.
La conclusion de la dernière édition de l’indicateur du climat de confiance est que l’économie reste encore tributaire du manque de visibilité dû à une conjoncture internationale incertaine, de l’absence de coordination entre les autorités monétaires et politique et « l’appréciation continue et déroutante de la roupie au cours des derniers mois, qui peut casser la dynamique de la croissance ».