Le Dr Siddick Maudarbocus, directeur de Rabita (Maurice), nie que son organisation est à blâmer si le board du Centre Culturel Islamique (CCI) est « techniquement dans l’illégalité depuis 2002 », comme l’affirme le ministre des Arts et de la Culture. Mookhesswur Choonee a, en effet, lors d’une conférence vendredi dernier, déclaré que Rabita n’a pas réagi aux sollicitations de son ministère depuis 2002 pour nommer son représentant au sein de ce board.
Le Dr Maudarbocus soutient que « dès ma nomination comme représentant de Rabita à Maurice en 2006, j’ai pris contact avec le ministre par voie de lettre. J’ai même eu une rencontre avec M. Choonee à son bureau le 23 juillet 2010 au cours de laquelle nous avons discuté pendant une heure des questions liées au board du CCI. » Il ajoute qu’à la fin des discussions il a dit au ministre qu’il veut collaborer avec le ministère pour faire respecter les règlements au sein du CCI et aider à organiser des activités culturelles islamiques. Le Dr Maudarbocus souligne que la réaction du ministre a été très cordiale et qu’il lui a semblé qu’il comprenait bien le problème. « Nous avons convenu de reprendre contact plus tard mais unfortunately nothing happened », dit-il.
Le Dr Maudarbocus dit avoir relancé le ministre, par voie de lettre, le 3 septembre 2010, puis le 22 septembre 2010, le 12 novembre 2010 et finalement en juin 2011. « Mais rien ne s’est passé », soutient-il. Puis est partie, par voie enregistrée, la lettre du 26 avril 2012 dans laquelle Rabita informe le ministre que le board du CCI « is not operating in conformity with its constitutional Act » et que « 2 persons who are presently sitting on the ICC board are fraudulently claiming to be representing Rabita and the Islamic Development Bank. » Répondant à une question du Mauricien, Mookhesswur Choonee a nié avoir reçu cette lettre.
S’agissant de la politique, le Dr Maudarbocus estime que vu que des politiciens siègent déjà sur ce board, il faut permettre à des personnes d’autres tendances politiques d’y siéger également. « Mieux encore, ajoute-t-il, il faut rendre le board complètement neutre et indépendant en y nommant des personnes qui n’ont rien à faire avec la politique. »
Le représentant de Rabita à Maurice soutient que le but de son organisation n’est pas de polémiquer mais de rendre le CCI fonctionnel dans la légalité, comme c’était le cas à ses débuts. « Notre but est de faire du CCI un joyau dans cette partie du monde, un vrai centre culturel, social et islamique », fait-il ressortir. Malheureusement, souligne notre interlocuteur, « nous n’avons pas encore eu la chance de réaliser ces objectifs. » « Il est triste que le principal focus du CCI soit sur le Hadj ou le pèlerinage à La Mecque », conclut-il.