Le député du Mouvement socialiste militant (MSM) Bashir Jahangeer aurait eu vent qu’un parti de l’opposition veut nuire à sa réputation en rendant public bientôt un montage vidéo et audio, où il aurait supposément séquestré et agressé une femme dans une maison la semaine dernière. Préférant prendre les devants, il a consigné une « Precautionary measure » au CCID dans ce sens.
La victime présumée se serait rendue à l’hôpital où elle aurait obtenu une form 58 afin de pouvoir porter plainte. Le National Security Service (NSS) a également eu vent de cette information et a demandé aux différents postes de police dans le sud de l’île de signaler toute éventuelle déposition de la “victime” contre le député de la circonscription Souillac/Rivière-des-Anguilles. À mercredi matin, aucune déposition ou entrée en ce sens n’a été logée contre le principal concerné. 
Ayant eu vent de ces rumeurs, le parlementaire, accompagné de son avocat Me Dick Ng Sui Wa, s’est présenté au Central CID hier pour consigner une « Precautionary measure » dans cette affaire. Dans sa version des faits, Bashir Jahangeer soutient qu’il se trouvait en Afrique du Sud au moment des faits, et qu’il n’est nullement impliqué dans une quelconque agression. Il ajoute qu’il a appris qu’un média allait publier ces informations incessamment « pour salir ma réputation », d’où sa démarche de se tourner vers la police. Il dit soupçonner un parti d’opposition et ses membres d’être derrière cette “machination”. Le député du MSM estime que son refus de rejoindre les bancs de l’opposition dernièrement serait la cause de ces allégations contre lui. En janvier de cette année, des médias avaient fait état de la « déception » de Bashir Jahangeer de n’avoir pas obtenu un maroquin lors du dernier remaniement ministériel. Mais, il est resté au sein du MSM. 
Le député n’a pas cité au CCID le nom du parti qui veut nuire à sa réputation, ni expliqué aux hommes de l’ACP Devanand Reekoye à quelle affaire il fait référence en logeant sa Precautionary measure. Cependant, il a soutenu qu’il pourrait consigner une déposition formelle si cela s’avère nécessaire.
Au CCID, on avance que les enquêteurs ne peuvent démarrer une enquête en l’absence de déposition formelle. « Le plaignant n’a mentionné aucun nom, ni donné de détails sur l’affaire le concernant », dit notre interlocuteur aux Casernes centrales. 
Ce n’est pas la première fois que l’élu de Souillac/Rivière-des-Anguilles est associé à une affaire rapportée à la police. En janvier 2017, un quadragénaire avait consigné une Precautionary measure dans un poste de police du Sud en soutenant qu’un VVIP tentait de lui faire perdre son emploi. Mais le plaignant n’avait mentionné aucun nom dans son entrée, et n’avait donné aucune suite sur ce cas.