De graves allégations ont été formulées, lundi lors d’une conférence de presse à Port-Louis, contre le président de l’Employment Relations Tribunal, Me Rashid Hossen, par la General Workers Federation. En effet, le corps syndical reproche à Rashid Hossen d’avoir « illégalement et unethically » présidé un comité disciplinaire institué par le Central Electricity Board pour le licenciement d’une employée de cet organisme.
La General Workers Federation, par la voix de ses animateurs Serge Jauffret et Ashok Subron, affirme que le Chairing de ce comité disciplinaire par le président de l’Employment Relations Tribunal (ERT), constitue de « graves préjudices » à l’ancienne ingénieure du CEB Mahentee Boolakee. Dans un premier temps, les syndicalistes font ressortir que dans ce cas de figure, l’ex-employée ne peut avoir recours à la justice pour réclamer sa réintégration au sein de cet organisme comme il est prévu dans l’Employment Relations Act. « Selon cette loi, un travailleur qui a été injustement licencié a le droit de déclarer une Labour Dispute devant la Commission de conciliation et de médiation en vue de sa réintégration. Et si aucun accord n’est trouvé entre l’employeur et l’employée à la CCM, le seul recours est de référer le cas devant l’ERT sous l’article 68 (7). Or, c’est le président de l’ERT qui a présidé le comité disciplinaire du CEB en novembre 2011. Comment référer alors un cas devant un président qui a déjà prononcé une sentence préalablement ? » s’est interrogé Ashok Subron lors du point de presse de lundi.
Mahentee Boolakee faisait l’objet d’accusations d’insubordination en octobre 2011. Malgré les explications de l’ex-employée, dénonce la GWF, le management du CEB a institué ce comité disciplinaire qui a conduit à son licenciement. « Le cas de Mahentee Boolakee, qui a été référé à la CCM depuis février 2012, a déjà été entendu. Le CEB a refusé de la réintégrer et s’est aussi positionné contre un arbitrage indépendant en dehors de l’ERT. Maintenant la CCM se retrouve aussi dans une impasse. Cette instance devait sortir un rapport cette semaine et ne sait plus quoi faire. L’action de Rashid Hossen a non seulement bafoué les droits fondamentaux d’un travailleur mais place aussi une institution comme la CCM dans une position intenable », avance Ashok Subron.
Compte tenu des points mis en exergue, la fédération syndicale réclame l’intervention de Rashid Beebeejaun – le CEB tombe sous la responsabilité de son ministère –, pour officiellement réintégrer Mahentee Boolakee au vu des graves « préjudices » causées à cette dernière. La GWF souhaite l’institution d’une enquête afin de déterminer la raison pour laquelle le CEB a désigné Me Rashid Hossen pour être à la présidence de ce comité disciplinaire. « La lumière doit être faite sur la somme d’argent perçue par Me Rashid Hossen pour présider ce comité. Dans des documents, il y a des faits troublants selon lesquels le comité disciplinaire s’est tenu à l’ERT. Selon Mahentee Boolakee, c’est la logistique et le secrétariat de l’ERT qui ont été utilisés à cet effet », allègue Ashok Subron. La GWF fait également une requête au Head of Civil Service, M. Seebaluck, pour qu’une enquête soit menée en vue de déterminer si Me Rashid Hossen a violé les règlements de la Fonction publique, du PSC et d’autres législations.