Le pattern de génération d’énergie subit ces jours-ci des changements en raison de problèmes relevés sur deux des quatre moteurs Sulzer de 24 MW chacun en opération à la station thermique de Fort-George. Le conseil d’administration du Central Electricity Board (CEB), réuni hier, a pris connaissance des recommandations des consultants coréens, qui ont déjà effectué un premier constat de ces équipements installés à cette centrale thermique il y a une vingtaine d’années déjà.
En parallèle, les membres de la National Energy Commission (NEC) présidée par le Senior Adviser au Prime Minister’s Office, Dev Manraj, mettaient ce matin la dernière main au rapport de cette commission en vue de son examen prochain par le conseil des ministres. La Commission nationale sur l’Énergie privilégie l’option des énergies renouvelables aux dépens des sources polluantes symbolisées par le projet de centrale thermique de 100 MW de CT Power annoncée à Pointe-aux-Caves, Albion.
Les recoupements d’informations effectués par Le Mauricien de sources concordantes indiquent que lors des délibérations du conseil d’administration d’hier, le CEB a entériné la principale recommandation des experts de la Corée pour une exploitation à capacité réduite à hauteur de 50 % des deux moteurs Sulzer affectés à la station de Fort-George. Ainsi, le CEB se retrouve avec une capacité réduite de 24 MW dans la conjoncture.
Le principal problème noté sur ces équipements sont affectés par des fissures physiques extérieures et qu’une réduction de la capacité aura pour conséquences d’atténuer les risques d’une plus nette détérioration à court terme. Entre-temps, les consultants coréens travaillent en étroite collaboration avec les ingénieurs du CEB pour élaborer des solutions techniques pour un retour à la normale. Mais les informations divergent à ce sujet.
Dans des milieux officiels du CEB, on avance que les réparations pourraient être extrêmement onéreuses et que l’une des alternatives encore en état d’évaluation est le retrait de ces moteurs Sulzer plus tôt que prévu du circuit de génération d’énergie électrique. D’autres sources avancent que dans le passé, des problèmes similaires ont été enregistrés sur les deux autres moteurs Sulzer.
Après des précédentes réparations, les deux moteurs Sulzer sont encore en exploitation optimale à la centrale de Fort-George. Pour ce qui est des deux moteurs lézardés, d’autres maintiennent que les travaux de réhabilitation devront durer au maximum une quinzaine de jours. Officiellement, le CEB indique que la réduction de la capacité de ces deux moteurs Sulzer ne devrait pas affecter la production d’énergie électrique pour satisfaire la demande à l’approche de l’été.
Toutefois, avec la nouvelle configuration de l’ensemble de l’installed capacity du CEB, le projet d’investissements de Rs 3 milliards dans quatre nouveaux moteurs à la centrale de Saint-Louis pourrait connaître un coup d’accélérateur. Ces moteurs devraient entrer en opération vers la fin de 2015 pour suppléer aux délais accumulés avec la mise à exécution du projet de CT Power (Mauritius) Ltd.
A ce stade, aucune indication officielle n’est disponible quant au nouveau calendrier arrêté pour les différentes étapes en vue de l’installation de ces quatre moteurs de 15 MW chacun à Saint-Louis. Jusqu’ici, le ministère des Finances a agréé à la demande du CEB pour des garanties en prévision d’un montage financier impliquant au moins trois banques commerciales pour le financement de ces Rs 3 milliards d’investissements.
Par ailleurs, cette semaine s’annonce déterminante pour la National Energy Commission. L’agenda de la réunion plénière du jour de la Commission comprend l’adoption du premier rapport à être soumis au conseil des ministres. Les plus optimistes avancent que cette étape pourrait être franchie en fin de semaine.
D’autres prévoient que tel pourrait ne pas être le cas même si au cours de la semaine écoulée, des échanges entre la NEC et le CEB ont été organisés en vue d’arriver à un consensus sur l’ensemble des recommandations sur la politique énergétique des prochaines années. L’option retenue demeure priorité aux sources d’énergie renouvelables aux dépens des autres sources, relançant tout le débat autour de la controverse du charbon avec en arrière-plan CT Power (Mauritius) Ltd.